Kendar, AD&D2 [Premières fois rôlistiques]

On m’a conseillé de venir raconter mes premières fois en jeu de rôle ici, donc je me lance.

Après avoir découvert le jeu de rôle au collège avec la boîte d’initiation d’AD&D2, et après avoir été joueur et effectué les deux premiers scénarios de la boîte, je suis passé de l’autre côté de l’écran pour être meneur de jeu. J’ai donc découvert le plaisir d’écrire des scénarios et de les faire jouer. J’en avais écris un très simple : du simple porte-monstre-trésor (PMT) dans un château (j’ai repris le même plan de la boîte) dont je ne me rappelle plus les objectifs (ça date). Certainement un trésor à dénicher, je ne sais plus. En revanche, j’ai souvenir avoir truffé de pièges ce-dit château, ainsi que des champs de force uniquement déblocables par un magicien.

Or, aucun des joueurs n’avait créé de magicien durant cette partie. Pas grave, je leur ai donc adjoint un personnage-non-joueur (PNJ) magicien. Pour cela, j’ai tout simplement pris le pré-tiré de la boîte, un magicien à la Gandalf nommé Morganthe le Mystérieux. Mais souvenez-vous d’un détail : dans les anciens D&D, le magicien n’avait que 4 points de vie !

A chaque piège déjoué (en fait déclenché), mes joueurs ont survécu (deux guerriers accompagnés d’un PNJ clerc, lui aussi un des pré-tirés de la boîte), mais pas le magicien. Mince ! Ils ne pouvaient plus avancer, étant donné que j’avais écrit le scénario autour d’un magicien. Pas grave, j’ai appris à improviser. Un autre magicien arrive dans le donjon, et il fallait que je donne une raison à sa venue, un autre nom… mais au niveau des statistiques, bah, j’ai tout simplement repris celui du pré-tiré, pour aller plus vite.

Mais voilà : nouveau piège, nouveau magicien mort. Et donc, apparition d’un nouveau magicien, avec une nouvelle raison de venir dans ce donjon, un nouveau nom, mais même statistiques… Et ainsi de suite. À force de répétitions, d’apparitions de magiciens (qui nous faisaient bien rire), je n’expliquais même plus sa raison de venir ni même son nom, je disais juste « Voici un magicien, il a Projectile magique ».

Bilan : une aventure réussie, mais une dizaine de magiciens morts, dont les cadavres traînent dans ce donjon ! Et surtout, un très bon moment de jeu, malgré un scénario PMT tout basique.

Ce que j’en ai appris : Ne plus écrire de scénarios dépendant d’une classe (quoique, pourquoi pas, après tout… ).

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Squeeze, Warhammer [Premières fois rôlistiques]

Moi, moi, moi, l’anecdote est assez longue, mais c’est un plaisir de la partager ^^

Fan de Livres dont vous êtes le Héros (LDVELH), en particulier Loup Solitaire, je m’étais lancé avec un ami dans le projet d’en écrire un quand nous étions au collège.

En faisant des recherches en bibliothèque sur les cités médiévales, pour faire ça bien, quelqu’un nous a conseillé le magazine Casus Belli sans pour autant nous en dire plus. Après un passage en librairie, je ressors avec ce fameux Casus Belli qui, il se trouve, tombait vraiment bien : il s’agissait précisément d’un hors-série Encyclopédie Médiévale Fantastique. Bingo !

Mais là, je lis dans l’édito qu’on parle de AD&D, de Warhammer et de Sang-Dragon, et des statistiques pour ces trois jeux apparaissent tout au long de ce numéro. À ce moment-là, je n’avais toujours aucune idée de ce qu’était le jeu de rôle, et j’ai juste mis cette info dans un coin de ma tête, concentré sur cette affaire de LDVELH.

Et un jour, dans un centre commercial « Art de Vivre », alors que je cherche des romans médiéval-fantastique, je tombe sur une étagère avec… Warhammer ! Mon cerveau fait la connexion avec ce fameux numéro de Casus Belli et, je ne sais pas comment, j’arrive à convaincre mes parents de m’offrir cet énorme volume. J’ai passé tout le trajet du retour à le parcourir dans la voiture, fasciné par les illustrations et le bestiaire intégré. À m’en rendre malade sur le trajet ^^

J’ai dévoré le tome en moins d’une semaine, j’ai compris que le jeu de rôle allait bien au-delà du LDVELH, que les possibilités étaient infinies !

J’ai réussi à récupérer des dés je ne sais plus où, réuni mes amis un après-midi et me suis improvisé meneur, grâce au scénar’ fourni avec. C’était incroyable, tout le monde était mordu.

Anecdote dans l’anecdote, à un moment je demande à mes joueurs un test simple pour sauter d’un wagon quasi à l’arrêt. L’un d’eux échoue. Je lui fais lancer les dégâts. Son personnage décède. Ça l’a profondément marqué, presque 25 ans plus tard on en parle encore, il s’est mis en tête qu’il était poissard depuis ce jour :p J’ai beau lui expliquer avec le recul que je n’aurais jamais dû demander ce test, et que je n’aurais jamais dû appliquer les dégâts ainsi, et qu’il n’aurait pas dû mourir, ça a influencé sa psychologie sur plus de 20 ans

Bref, c’est un souvenir impérissable que cette première fois. Je crois que je m’en souviens mieux que ma première nuit avec une femme

TlönUqbar, 1984, AD&D [Premières fois rôlistes]

A l’origine

Avril 1984. Je suis lycéen, et les vacances de Pâques s’annoncent sans surprises en ce qui me concerne : des lectures de romans (principalement de science-fiction en piochant dans la bibliothèque fournie du pater), quelques parties de wargames avec des cousins de passage, des virées à vélo pour se faire une toile avec des potes, de la programmation et des jeux sur l’Atari 520ST acquis tout récemment et des écoutes de cassettes de groupes improbables dans ma chambre.

Sauf que…

Un de mes amis de classe m’a proposé un truc pour le lundi à venir. Il a emménagé dans la ville en début d’année scolaire et il aimerait monter un groupe de joueurs pour un jeu que lui a fait découvrir un de ses amis franco-américain il y a une paire d’années. « Pourquoi pas. » lui réponds-je. D’autant plus que la famille a annoncé que les cousins ne passeront pas, qu’il n’y a rien qui me tente au cinoche, que je n’ai pas de nouvelles cassettes audio à écouter en ce moment et que les accès à l’ordinateur sont restreints par décret familial suite à un premier trimestre peu reluisant d’après mes notes. « Comment il s’appelle, ton jeu ? »

« AD&D. Pour Advanced Dungeons & Dragons ».

Lire la suite sur le blog de TlönUqbar.

Meuh, 2001, JRTM [Premières fois rôlistiques]

Alors ça va paraître bien tard par rapport à la plupart des anecdotes ici, puisque ce devait être en 2001.

J’avais 16 ans et j’appartenais à un petit groupe de weirdos-geeks au sein de ma classe de 1ère S. Pour la petite histoire, les deux-tiers des élèves de la classe (mais pas notre bande) étaient en européenne, en conséquence de quoi ils avaient des cours supplémentaires qui créaient de gros trous dans nos agendas. Mais ça tombait bien, un de nous habitait tout près, donc on en profitait pour aller cher lui jouer à la console.

Un jour, ce même camarade, qui est encore un bon ami aujourd’hui, nous propose de s’essayer à une activité nouvelle, que lui semble déjà avoir pratiqué à l’occasion : le jeu de rôle. Plus exactement il nous propose de jouer au Jeu de Rôle des Terres du Milieu (c’était un grand amateur de Tolkien).

Bonne nouvelle : le JDR, j’ai une idée relativement précise de ce que ça peut être. J’ai lu des livres dont vous êtes le héros. Et surtout, j’ai largement pratiqué des jeux vidéos s’en réclamant, de Baldur’s Gate à Fallout en passant par les Might & Magic
Mauvaise nouvelle : ma connaissance de Tolkien se limite environ au premier quart de Bilbo le Hobbit. En littérature de l’imaginaire, j’ai toujours préféré la science-fiction à la fantasy qui m’ennuie terriblement. Et le premier film de la trilogie de Peter Jackson n’est pas encore sorti.

Notre MJ a la bonne idée de nous fournir des pré-tirés, histoire de rentrer rapidement dans le bain. Par contre, son scénario est terriblement tolkienien : nous sommes tous des elfes (j’interprète un guerrier semi-elfe) chargés de protéger un chant-poème et le ramener quelque part, à moins qu’ils ne doivent l’y récupérer, je ne me souviens plus exactement. Pour ceux qui ne connaissent pas Tolkien et l’importance de la poésie dans son univers, soit en fait tous les participants à l’exception du MJ, l’anti-epicness de la mission de protection musicale nous fait doucement rire.

Le premier événement marquant consiste évidemment à croiser des orcs peu amicaux. On se tape dessus, on les vainc. Et là c’est le drame, puisque j’ai le malheur de faire ce qu’il est attendu du guerrier niveau 1 venant de battre son premier ennemi dans le moindre RPG : je loote. Le MJ s’écrie que, non, jamais de la vie un elfe ne revêtirait l’affreux casque puant d’un orc. Je m’offusque : de quel droit il décide à ma place de mes actions ? Il n’a pas le droit ! Il veut pas jouer à ma place non plus ? Bref, on se dispute.

(A posteriori, je trouve ça amusant d’avoir directement mis le pied dans le plat de ce qui constitue toujours un sujet délicat dans le jeu de rôle, à savoir les limites des pouvoirs et responsabilités de chacun. Avec des jeux qui sortent aujourd’hui et qui tiennent à préciser en toutes lettres le pouvoir exclusif d’un joueur sur son PJ. Même si, soyons honnêtes, le véritable souci ici était surtout ma méconnaissance de l’univers.)

Je ne me souviens plus très bien de la suite, mais il me semble que le MJ (ou l’intrigue, ou les deux) avait voulu mettre l’accent sur cet aspect poétique incompris de notre quête, et que plus il tentait d’appuyer dans cette direction, plus on se moquait. Entre l’heure qui avançait et le meneur qui n’arrivait pas du tout à poser son ambiance, nous n’avons jamais terminé le scénario.

Le plus curieux, c’est que malgré ce semi-fiasco… j’ai tout de suite accroché ! Rapidement, nous rejouions, avec nos propres personnages cette fois et des aventures moins typées. Nous nous relayions derrière l’écran, j’étais hyper enthousiaste à l’idée de maîtriser et le faisait à la moindre occasion (en cours, dans le bus…). Puis, comme la fantasy qui se prend au sérieux* ça va 5 minutes, mais que la science-fiction oppressante et l’humour noir c’est mieux, pour mes 17 ans, je me suis fait offrir un pack Paranoia première édition déniché quelques francs sur ebay.

* Ce que je n’arrivais pas du tout. Mon méchant récurrent était un animiste ridicule inspiré de notre prof de physique-chimie. Et comme si ce running gag ne suffisait pas, sa spécialité était de s’entourer de wargs toujours plus armurés d’une séance à l’autre. En effet, un jour notre MJ-initiateur avait décidé que malgré que les règles ne fournissaient pas d’armure aux wargs, il pouvait bien décider de leur appliquer une armure de cuir souple pour leur peau épaisse. Moi j’étais là, scandalisé : hein, quoi, tu changes les règles ? C’est de la triche !? QUOI, ON PEUT FAIRE CA ??? Dont acte : wargs en cuir épais dans votre gueule. Wargs en cotte de maille. Wargs de métal ! WARGS DE DIAMANT !!!

Marchiavel, 1988-1989, Warhammer [Premières fois rôlistiques]

Ce devait être en 1988 ou 1989. J’avais donc 11 ou 12 ans.

C’est mon frère aîné qui m’a initié. Il devait mener pour la première fois avec le groupe de potes qu’il au lycée et, pour s’entraîner, il voulait le faire avec moi. Il m’a donc demandé de venir dans sa chambre, il s’est assis sur son lit, moi par terre sur la moquette, et on a commencé à créer mon personnage.

C’était Warhammer v1. J’ai créé un personnage assez mauvais (un contrebandier, avec une seule caractéristique au-dessus de 30 (31, en fait), et deux compétences de départ (1d4+1), qui étaient escalade et fuite.

Le scénario était une enquête sur les malversations d’un noble dans une cité. Scénario issu d’un magazine, peut-être Graal.

Je me souviens surtout du premier combat, contre quatre brigands dans une ruelle. J’ai vaguement essayé de me défendre, mais mauvais comme je l’étais, j’ai mis à profit mes compétences pour m’enfuir, et grimper sur le toit d’une maison ! Mon meneur de jeu a alors fait apparaître son personnage, un nain champion de justice, avec un trident magique « +1 attaque », qui a mis tout le monde en déroute.

Un peu après, il me faisait créer un personnage pour Star Wars d6 (avec les règles de pouvoirs issues d’un autre magazine), et je rejoignais son groupe de jeu. C’est d’ailleurs avec eux que je menai pour la première fois, à Star Wars d6, le scénario d’un Jeux Descartes, si je me rappelle bien, pour et avec des personnages expérimentés (8D en blaster pour le chasseur de primes, 7D+2 pour le pilote, etc., etc.).

Ensuite, j’ai acheté l’Appel de Cthulhu (v4 à l’époque), pour le mener à mes camarades de collège, le mercredi après-midi, chez mes parents. Et puis j’ai initié mes voisins aussi…

Sama64, 1986, L’Oeil Noir [Premières fois rôlistiques]

Pour ma part c’était au début du CM1 (donc en 1986), après avoir découvert les Livres dont vous êtes le Héros (LDVLH) l’été d’avant (Loup* Ardent, le tome 1 ou 2).

J’avais un copain qui connaissais déjà un peu les jeux de rôle, et je me suis fait offrir à mon anniv’ la boîte Gallimard (sans avoir vraiment idée de ce que c’était).

Il y avait une boutique bien achalandée dans ma ville (« Faline » à Bayonne) mais je ne me souviens plus si on avait acheté la boîte là-bas.

J’avais recruté deux ou trois camarades intéressés (ils étaient intrigués par nos livres et feuilles à la récré) et, très vite, on avait créé un « club » (« Les maîtres de l’épée sanglante »).

On jouait aussi à des jeux sans règles ni fiches, juste en impro et discussions à la récré (je me rappelle d’un jeu WWII avec des expériences secrètes des nazis).

Après, j’ai acheté LAuberge du sanglier noir dont j’ai fait jouer l’intro au moins 3 ou 4 fois, mais j’avais beaucoup de mal à comprendre comment le plan du « donj' » se lisait, donc on n’est jamais allés bien loin.

On a abandonné L’Oeil Noir assez vite (de mémoire, même si j’avais acheté Les Accessoires du Maître et les Règles Avancées) pour se lancer sur L’Appel de Cthulhu, Stormbringer, Star Wars D6 puis Warhammer (entre autres).

Fil, 1984, MEGA [Premières fois rôlistiques]

Moi, j’ai triché : pour être sûr de ne pas mourir, j’ai fait MJ !

Nous sommes en été 1984 (ou 1983 ?). Ça fait déjà quelques mois que j’essaie de me renseigner sur ces drôles de jeux. J’ai lu un article là-dessus dans le Vogue ou je ne sais plus quoi de ma maman, et je suis intrigué à fond. Durant le temps de midi, les grands du collège sortent des livres bizarres avec des tas d’illustrations de monstres super chouettes mais ne me laissent pas participer (*). Mais cet été-là, Jeux & Stratégie sort un hors-série, MEGA. Je l’achète en librairie (plus facile pour mon argent de poche que la boîte rouge pour un petit gars de 14/15 ans), et deux jours après je convie mon voisin à ma première partie, il va devoir sauver un ganymédien. On est scotché directement. On enchaîne partie sur partie pendant l’été en recrutant deux autres potes.

À la rentrée, nous nous organisons pour jouer tous les samedis après-midi, de 13h à 18h30. Et c’est parti. On achète à la fin d’année L’Appel de Cthulhu, puis après on ne s’arrête plus. Dans le désordre le plus total : L’Oeil Noir, Stormbringer, James Bond 007, Empire Galactique, Légendes, Bushido, Trauma, Paranoïa, (A)D&D, L’Ultime Épreuve, etc,, etc.

Après, à l’université, on se perd un peu de vue, mais j’initie d’autres zinzins avec qui je joue toujours et qui sont maintenant mes meilleurs amis.

Bref, ça fait maintenant bientôt 34 ou 35 ans que je lance des dés bizarres et je ne suis pas près de m’arrêter.

(*) fun fact : je suis retombé par hasard sur un des grands en question des années plus tard (un ami d’ami) et il fait maintenant partie de mon cercle rôliste, comme quoi…