Tu vas être papa

Suite de scénarios à Shadowrun.

Alors que la run est bien avancée, que les persos sont en infiltration et tous en action, le rigger reçoit un message sur son commlink :

Tu vas être papa

J’avais fait en sorte qu’il se mette en couple avec une PNJ shaman requin rencontrée lors d’une des sessions précédentes, située x temps avant. La partie continue et ils réussissent la mission.

Deux semaines plus tard, avant la partie suivante, le joueur vient me voir.

« T’as changé ma façon de jouer. Je me suis mis à faire attention à mon perso. Savoir que si il meurt ça implique d’autres choses. J’ai fait beaucoup plus attention et évité de prendre des risques, alors que d’habitude… »

Moi, je suis content d’avoir influencé à ce point un joueur sur son perso et ce qui est important pour lui dans la vie.

Note : Fac d’Orleans, 1991, joueurs entre 18 et 22 ans.

Un moment remarquable d’Eskhiss.

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Melkior Vubass, 1982, D&D [Première fois rôlistique]

J’ai acheté par curiosité le n°4 de Jeux et Stratégies, il y avait dedans un dossier sur le jeu de rôles, avec des adresses. Coup de chance, un magasin se trouve près de chez moi, c’est l’Éclectique, et un club est situé dans ma ville, les réunions se font même à 100 mètres de chez moi.

Mes premiers jeux furent D&D, au format boîte rouge puis livres, Runequest et d’autres jeux de Chaosium. Pas facile de comprendre seul avec ses gros bouquins en anglais.

Après quelques semaines, je me rends au club, je découvre une bande d’étudiants qui jouent (j’ai 25 ans à l’époque). L’un des joueurs me passe une feuille de personnage, c’est un voleur hobbit, j’ai bien accroché. Au bous de quelques semaines je suis devenu maître de jeu, le problème par la suite, c’est que personne ne veut prendre ma place. Par la suite j’ai constitué un petit groupe qui venait jouer chez moi.

C’est lors d’une partie que j’ai rencontré un joueur qui écrivait un fanzine, c’était Méluzine.

Voilà mes débuts.

Les journées mondiales de la vieillesse

Partie de INS, « les journées mondiales de la vieillesse », à Chartres.

Les joueurs ont fait un plan, des diversions sont prévues, tout est bien cadré quand l’un d’entre eux, emporté par son enthousiasme, commence à agir au milieu du camp ennemi… mais avant que les diversions aient été lancées. Un démon qui distribue des bouteilles de champagne au milieu de la bourgeoisie locale en gueulant « tout le monde à poil ! » (Oups, les pnj ne sont pas encore drogués.)

Intervention angélique, décès du PJ, repérage des complices, fuite en urgence, poursuite, usage de pouvoirs dans la rue devant témoins. Équipe éparpillée qui en réchappe parfois de justesse.

Convocation par le supérieur de la mission. Je les fais passer un par un. (Les autres joueurs sortent de la pièce.)

Ceux qui ont fait tellement de conneries qu’ils sont grillés (familiers/limitations), ceux qui reportent toute la responsabilité sur le mort ou sur les autres (bien) et la réponse du démon de Kronos à la question : « Vous, expliquez-moi pourquoi ça a foiré ! », courte et simple :

Un problème de timing.

Celui qui a le plus ri était celui dont le personnage était mort, il avait assisté à tous les interrogatoires.

Note : les JMV adaptées, 1998, 8 joueurs de 15 à 40 ans.

Un moment remarquable d’Eskhiss.

C’est clair que t’es un assassin !

Partie en club, les joueurs ne se connaissent pas.

Je joue un ranger, neutre bon, et je suis mis au courant par un contact que le groupe que je vais rejoindre compte un disciple d’un dieu mauvais (Baal ?) qui doit trahir notre groupe de « héros positifs ».

Pour identifier le traître, je décide de tenter la provoc, je remise ma cotte de maille et ne pars qu’en armure de cuir avec un bouclier, et je la joue outrageusement « dark and mysterious« . Le joueur du traître tombe dans le panneau et me contacte. Je maîtrise le prêtre de Baal et, tout content, je le livre aux autres en leur expliquant la raison de mon comportement initial.

Réaction : « Tu crois tout de même pas qu’on va te croire ? T’as une armure en cuir et un bouclier, et ton RP, c’est clair que t’es un assassin !!! ».

J’ai fini pendu, le prêtre de Baal recevant les soins du paladin du groupe pour se remettre de ses émotions !!!

Un moment remarquable de Minlister.

Draco Amor

Dans un scénario de Pendragon, les chevaliers doivent débarrasser des villageois d’un dragon.

Ils le débusquent, et dans la foulée trouvent une épée à deux mains censée être efficace contre ces reptiles ailés. Cela tombe bien, un des chevaliers est un expert dans le maniement de cette arme.

Que nenni ! Car un autre chevalier désire conquérir le cœur de la dame de la région. L’épée lui est donc donnée, et il s’avance seul, armé de son courage et de sa compétence en épées à deux mains de… 0.

Bon, l’épée donnait un +10 à son utilisateur contre les reptiles ailés, même s’il ne l’a découvert qu’en entrant en combat. Mais quand même, ça ne lui fait que 10, il était mal barré…

Mais, c’est Pendragon, et il fait (et réussit) un jet d’exaltation d’Amor (Dame Trucmuche). Avec 20 au lieu de 0, le combat fut quand même épique, mais… moins désespéré…

Un moment remarquable de Mugen.

Moi aussi

 

Partie d’Ars Magica à la convention Nemesis de Clermont-Ferrand, fin des années 1990. Deux histoires, une de vengeance et une d’amour, qui finit mal à cause de la première (voir les scénarios et aides de jeu ici). La conclusion du scénario est une scène d’adieu entre un jeune mage et la fille du baron local, dont il est amoureux, qui a été tuée par le frère du baron (la fameuse vengeance) et qui est apparue au mage en tant que fantôme (vous suivez ?). Le mage est le seul à pouvoir la laisser partir en paix (la jeune fille l’aime aussi, détail important, et le perso prétiré a le sort qui va bien, au cas où).

Ce salopard de barbu de Sam me sort : « Je t’aime ».

J’y réponds (j’étais le MJ) avec la gorge nouée : « Moi aussi”.

Une joueuse chiale à la table.

Sam a eu le premier prix de roleplay, sauf erreur de ma part.

Un moment remarquable de Mithriel.

Le jour et la nuit

Il y a plein d’anecdotes qui me viennent, mais le deux suivantes m’ont marqué plus que les autres. La première parce qu’elle était injuste. La seconde parce qu’elle va parfaitement bien avec la première. Aucune ne se déroule au cours d’une partie, pourtant elles y sont entièrement liées.

Adolescence, les années lycée, milieu des années 1980, on s’est composé un groupe entre camarades de classe et copains de copains. On joue de manière sage tous les dimanches après-midi, et quelques parties par semaine pendant les vacances. Je suis le MJ de la bande neuf fois sur dix.

Ca fait deux-trois ans que ça dure, quand un soir le père d’un des membres du groupe appelle à la maison et demande à me parler. Ce monsieur, professeur à la Sorbonne, me passe un savon parce que les résultats scolaires de son fils sont en baisse, que c’est la faute du jeu de rôle, et donc la mienne (sic). Je reste interdit, ne sachant quoi répondre. Son fils n’ouvre pas un seul manuel de jeu en dehors des parties, n’est pas MJ, joue tout au plus le dimanche après-midi.

Vu d’ici, ça me fait sourire, mais à l’époque la situation m’avait méchamment révolté. De plus nous venions de perdre la mansarde où avaient lieu toutes nos parties dominicales…

Un ou deux ans plus tard, nous jouons toujours, mais depuis dans la maison d’un nouveau copain chez qui nous sommes reçus très agréablement à chaque fois. On joue le weekend, et parfois jusque tard dans la nuit.

Un soir, alors que nous nous apprêtons à démarrer une partie chez eux, les parents demandent à me parler en privé. Elle est prof de français, lui chef d’entreprise. Ils ont toujours été aimables, mais l’anecdote précédente va me faire tendre le dos, me demandant ce que j’allais encore me prendre.

Ils vont me parler de leur fils, cadet de sa fratrie. De ses gros problèmes de communication au cours de son enfance/adolescence. De leurs tentatives infructueuses pour l’aider à combattre sa timidité maladive et son manque de confiance. Puis, enfin, des changements de personnalité de leur fils, opérés pas à pas, depuis sa pratique du jeu de rôle. Pour eux, le JdR avait changé la vie de leur enfant, et ils tenaient à me remercier moi tout particulièrement. Je n’oublierai jamais leurs visages émus et mon nœud dans la gorge.

Deux moments remarquables d’Ego’.