Polaroliste Episode 2 – Mémoires de Rôlistes

Le deuxième épisode de Polaroliste, l’image du jeu de rôle en France en 2018 !, conçue et réalisée par Eas’Image et Icosaèdre, est consacré à la mémoire des rôlistes. Il a donc toute sa place sur ce blog.

On y retrouve notamment les premières fois rôlistes et les raisons d’avoir continuer à pratiquer le jeu de rôle d’acteurs plus ou moins connus de la scène rôlistique :

On y apprend comment les livres dont vous êtes le Héros, Tolkien et la littérature de l’imaginaire, les jeux de société comme HéroQuest, Magic: The Gathering, le jeu de rôle par (cara)mail, le hasard ou encore le « frère d’un ami qui revenait de fac aux USA » ont été des portes ouvertes sur le JDR.

Qui reviens de Loin, 1992, Star wars D6 2e édition [Premières fois rôlistiques]

Mes premiers pas

Autour de 1992, vers 9-10 ans, je dévorais les Livres dont vous êtes le héros du CDI*. Dans une bouquinerie, dans le rayon des livres dont vous êtes le héros, je trouve l’Oeil noir, le prends, le tourne dans tous les sens, ne comprends pas et le repose. Occasion manquée.

Lors de l’été 1993, un de mes cousins de 2 ans mon aîné, initié par son propre grand-frère (qui avait découvert lui-même le JDR grâce à D&D basic ramené des USA par le grand-frère d’un de ses potes), me fait découvrir le jeu de rôle avec Star wars D6 2e édition. Mon premier perso était un chasseur de primes en armure, créé à la volé par le cousin avec un gros feutre bleu sur un petit cahier d’écolier. Je crains l’avoir égaré…

Rebelote l’été d’après, avec Warhammer 1re édition, un personnage de guerrier nain et le scénario du livre de base (avec gain d’une hache magique tirée au sort, d’abord avec une rune de grande mort, puis retirée avec une rune de petite mort cette fois-ci car le cousin-MJ trouvait ça too much). Celui-là, j’ai toujours la feuille.

En 1995, mon père me file Bilbo le Hobbit et le Seigneur des anneaux, que je dévore, et j’achète avec stupéfaction une boîte rouge aperçue dans un Jouet Club à Cherbourg : c’était JRTM 1re édition, et c’était mon premier jeu de rôle. Hélas, je n’arriverais pas à créer un groupe de jeu, d’une part car le monde des expatriés est petit et d’autre part à cause des défauts du jeu.

En 1996, je rentre en France, au collège et en région parisienne. J’achète dans la foulée Star wars D6 2e édition, que j’userais jusqu’à la toile, Warhammer 1re édition “au cas où”, que je n’utiliserais jamais. Je joue une dernière fois avec mon cousin, à Légendes celtiques.

En 1997, j’achète Earthdawn à l’Oeuf cube ou dans un relais Descartes, et il devient mon jeu fétiche, je m’abonne à Casus Belli (dont j’ai hérité de vieux exemplaire des cousins, ainsi que des Dragon magazine et quelques fanzines).

Avec quelques potes, on crée notre groupe de jeu, où chacun quasiment à son jeu dont il est le MJ et où l’on tourne d’un scénario à l’autre pour assumer le rôle de MJ à Star wars, Earthdawn, JRTM, Polaris, L5R, Shadowrun 2e ed… on joue tout le temps : à la récré, pendant les permanences, le week-end, le soir. On s’essaie aussi aux soirées-enquêtes de SPSR, au paintball en forêt et aux wargames Warhammer et 40 000, à Magic et quelques autres jeux de cartes à collectionner (L5R, Middle earth, Guardians…).

*CDI : centre de documentation et d’information du collège.

Souviens-toi, la partie dernière…

J’étais là, je t’ai vu.

Tu dézinguais des gobelins à tour de bras dans la forêt de Globenwood. Tu te croyais seul et tu pensais que personne ne saurait jamais, ne se rappellerait jamais la bravoure de ton héros qui défendait un simple village.

J’étais là, je t’ai vu.

Tu jetais des dés bizarres dans le garage de tes parents, et avec tes amis vous emmeniez une princesse spoliée pour lui faire recouvrer son trône dans un royaume mythique. Tu pensais que personne ne saurait jamais, ne se rappellerait jamais ces moments de jeu intense.

J’étais là, je t’ai vu.

Tu te jetais des godets de bière dans un bar en racontant à tes potes la fois où un équipage entier avait failli périr dans l’espace à cause d’une météorite. Tu pensais que personne ne saurait jamais, ne se rappellerait jamais cette anecdote dramatique.

J’étais là, je t’ai vu.

Tu couchais sur le papier des situations dramatiques pour mettre en difficulté et faire briller les personnages d’autres joueurs. Tu pensais que personne ne saurait jamais, ne se rappellerait jamais de ce scénario.

J’étais là, je t’ai vu.

Tu croquais un bourgmestre goguenard que le MJ décrivait alors que tes compagnons tentaient de démêler le vrai du faux dans ses racontars. Tu pensais que personne ne verrait jamais, ne se rappellerait jamais de ce dessin.

J’étais là, je t’ai vu.

Tu équilibrais ta mécanique de résolution pour ton jeu de policiers-chevaliers blancs dans un Bruxelles fantasmé et dystopique. Tu pensais que personne ne jouerait jamais, ne se rappellerait jamais de ce jeu.

J’étais là, je t’ai vu. Et je témoigne dans ces mémoires de rôlistes.