Moi aussi

 

Partie d’Ars Magica à la convention Nemesis de Clermont-Ferrand, fin des années 1990. Deux histoires, une de vengeance et une d’amour, qui finit mal à cause de la première (voir les scénarios et aides de jeu ici). La conclusion du scénario est une scène d’adieu entre un jeune mage et la fille du baron local, dont il est amoureux, qui a été tuée par le frère du baron (la fameuse vengeance) et qui est apparue au mage en tant que fantôme (vous suivez ?). Le mage est le seul à pouvoir la laisser partir en paix (la jeune fille l’aime aussi, détail important, et le perso prétiré a le sort qui va bien, au cas où).

Ce salopard de barbu de Sam me sort : « Je t’aime ».

J’y réponds (j’étais le MJ) avec la gorge nouée : « Moi aussi”.

Une joueuse chiale à la table.

Sam a eu le premier prix de roleplay, sauf erreur de ma part.

Un moment remarquable de Mithriel.

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Le jour et la nuit

Il y a plein d’anecdotes qui me viennent, mais le deux suivantes m’ont marqué plus que les autres. La première parce qu’elle était injuste. La seconde parce qu’elle va parfaitement bien avec la première. Aucune ne se déroule au cours d’une partie, pourtant elles y sont entièrement liées.

Adolescence, les années lycée, milieu des années 1980, on s’est composé un groupe entre camarades de classe et copains de copains. On joue de manière sage tous les dimanches après-midi, et quelques parties par semaine pendant les vacances. Je suis le MJ de la bande neuf fois sur dix.

Ca fait deux-trois ans que ça dure, quand un soir le père d’un des membres du groupe appelle à la maison et demande à me parler. Ce monsieur, professeur à la Sorbonne, me passe un savon parce que les résultats scolaires de son fils sont en baisse, que c’est la faute du jeu de rôle, et donc la mienne (sic). Je reste interdit, ne sachant quoi répondre. Son fils n’ouvre pas un seul manuel de jeu en dehors des parties, n’est pas MJ, joue tout au plus le dimanche après-midi.

Vu d’ici, ça me fait sourire, mais à l’époque la situation m’avait méchamment révolté. De plus nous venions de perdre la mansarde où avaient lieu toutes nos parties dominicales…

Un ou deux ans plus tard, nous jouons toujours, mais depuis dans la maison d’un nouveau copain chez qui nous sommes reçus très agréablement à chaque fois. On joue le weekend, et parfois jusque tard dans la nuit.

Un soir, alors que nous nous apprêtons à démarrer une partie chez eux, les parents demandent à me parler en privé. Elle est prof de français, lui chef d’entreprise. Ils ont toujours été aimables, mais l’anecdote précédente va me faire tendre le dos, me demandant ce que j’allais encore me prendre.

Ils vont me parler de leur fils, cadet de sa fratrie. De ses gros problèmes de communication au cours de son enfance/adolescence. De leurs tentatives infructueuses pour l’aider à combattre sa timidité maladive et son manque de confiance. Puis, enfin, des changements de personnalité de leur fils, opérés pas à pas, depuis sa pratique du jeu de rôle. Pour eux, le JdR avait changé la vie de leur enfant, et ils tenaient à me remercier moi tout particulièrement. Je n’oublierai jamais leurs visages émus et mon nœud dans la gorge.

Deux moments remarquables d’Ego’.

Mon wakizashi, mon meilleur ami et autres contes

Comme tout rôliste, j’ai des paquets de moments plus ou moins remarquables. Je vais en citer quelques uns.

Khentar, le dieu piégé dans un wakizashi

J’ai été initié au JDR par celui qui est devenu mon meilleur ami de l’époque, en seconde. Tellement, que j’ai séché pas mal de cours à cette époque pour pouvoir jouer. Grand fan de manga à cet âge (j’avais 15 ans), de Masamune Shirow en particulier, mon premier personnage fut le héros d’Orion : Susano Orbatos, dieu dragon de la guerre et de la destruction. Rien que cela ! Invoqué par erreur par un fidèle à Eauprofonde, dénué de quasi tout pouvoir si ce n’est cette flamme divine intérieure (j’avais 5% de RM) et d’un tetsubo +1. De nombreuses aventures plus tard, je tombe sur un wakizashi +3 Sharpness intelligent, contenant Khentar, un des 7 immortels du combat, transformé par les dieux en arme pour leur arrogance.

Ce qui était à la base juste une arme intelligente (et très puissante, je ne compte plus le nombre de membres que j’ai laissés sur le carreau) est devenue le meilleur ami de ce personnage. Tellement qu’une partie de la campagne est devenu un moyen de pouvoir vaincre la malédiction, briser l’épée et lui rendre sa liberté. Ce qui s’est fait au bout de 3 ans de jeu, d’une manière différente que prévue. Mon personnage s’était fait à sa vie de mortel mais -inspiration Avatar’s Quest et Highlander oblige- lors du temps des Avatars sur Féérune, les dieux sont tombés sur le monde.

L’un d’entre eux, dieu mineur de la guerre, a recherché Susano pour lui voler sa flamme divine. Il s’en est ensuivi un combat épique entre Susano, devenu à cet époque guerrier niveau 14/mage (évocateur) niveau 13 et l’avatar de Tharizdun. Le perdant allait se faire dissoudre dans l’essence divine de l’autre. Je n’ai jamais autant eu peur en lançant les dés qu’à ce moment-là, encouragé que j’étais par mon ami wakizashi. Il m’a aidé à vaincre, tranchant le deuxième bras du dieu et le tuant alors qu’il ne me restait que 3 PV. Tharizdun a explosé en une flamme d’or, un quickening divin que Susano a absorbé, lui permettant d’avoir la gouache nécessaire pour repartir sur son plan divin. De là, j’ai levé la malédiction qui pesait sur Khentar et ce dernier est devenu l’ami, le confident et le porteur de Kusanagi, l’épée des cieux au service des AmatsuKami. Dans les deux cas, j’allais perdre mon personnage mais cette fin était juste magnifique.

D’ailleurs, c’est devenu mon pseudo sur bien des forums.

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Florilège de Julian Manson

Il y a plusieurs moment remarquables qui m’étonneront et me feront toujours marrer :

Loup-garou l’apocalypse V20, l’une de mes premières parties en tant que MJ. Mon joueur test joue un loup-garou qui a grandi en tant que loup. Il rejoint la bande, son Alpha lui demande de voir ce que fout une féline-garou près du Louvre. Celle-ci lui propose d’en discuter autour d’un bon plat dans un restaurant chic, il accepte. Il se retrouve à devoir faire un jet de Dextérité + Étiquette ( il n’a jamais tenu de couvert de sa vie ) : botch. Et voilà un loup-garou qui mange comme un cochon dans un restaurant gastronomique où le prix moyen d’un plat est de 70 €… Gros fou rire.

Knight : on est envoyé à Paris capturer un soi-disant traître, on découvre finalement qu’il a un bébé. En chemin, on tombe sur des orphelins vivant dans les égouts, on se retrouve sur la Tour Eiffel à mitrailler tous les ennemis pendant qu’on sauve tous les PNJs. Finalement, non seulement on a sauvé de nombreux enfants, mais aussi l’honneur du soi-disant traître qui n’en était pas un. Grand moment de GG.

– Récemment dans Mindjammer, je fais une campagne typée Gundam. La nuit du jeu approche, je me retrouve avec une table majoritairement adulte ( ce qui est rare pour moi ). Les joueuses qui ne venaient que pour la nuit du jeu s’impliquent bien. La table finit par faire des trucs de fou durant les 3 séances de cette nuit du jeu : rétablir un royaume pacifique qui avait disparu en remettant la seule héritière sur le trône, tenu et pris le contrôle d’une immense structure armée que les ennemis avaient infiltrée, discuté avec un mécha conscient qui semblait exister depuis des millénaires, détruit une base ennemie qui produisait des robots autonomes armés en masse. Impressionnant.

– Grande première campagne en tant que MJ, je fais du Final Fantasy avec FATE et l’un de mes meilleurs amis. La campagne dure plus de six mois, la PJ de mon amie progresse et se retrouve en enfer à discuter avec des démons majeurs où la moindre parole mal placée peut la tuer. Elle gère. Elle va dans sa chambre et décide de se laver. Je veux taquiner mon ami lorsque sa PJ prend le savon : échec critique ! Cela se reproduira plusieurs fois d’affilée dans la semaine, sa PJ finit par avoir un aspect « Le savon, c’est le MAL » !

Final Fantasy D20, l’un de mes joueurs est un ancien du club. Au cours de la campagne, le groupe rencontre un PNJ agressif qui les laisse quasi-morts, ils finissent par se rendre compte que celui-ci ne vise que les membres du Clan Centurio, une grande guilde de chasseurs de monstres. Jeff ( l’ancien du club en question ) finit par se dire que c’est quand même bizarre qu’un PNJ aussi puissant ne vise que cette faction alors qu’il est bien trop dangereux. Le groupe finit par surprendre ledit PNJ et le chef de la guilde en plein « règlement de compte », le PJ de Jeff discute avec le PNJ. Finalement, ils sont presque d’accord. Sans le vouloir, Jeff a changé la fin de l’histoire (ce PNJ était prévu pour être le boss final). Un peu plus tard, ils vont libérer la sœur dudit PNJ dans une base de l’empire ennemi. Cela se passe mal, les soldats de l’empire font trop mal et commencent à massacrer le groupe. L’un des soldats lance une grenade dans la salle où tous les PJs sont mal en point. Jeff utilise un point héroïque, tire comme au foot dans la grenade et fait une réussite critique : les soldats sont tous morts.

Des moments remarquables de Julian Manson

Ridicule et double immersion

Allez, je me lance : deux souvenirs marquants, qui remontent à plus de 20 ans.

*Le premier, c’est du Cthulhu, on joue « en tournoi », avec un MJ que je considère excellent sur du Cthulhu et qui arrive vraiment bien à nous faire rentrer dans son histoire par ses descriptions. Je ne me souviens plus vraiment du pitch du scénario (création du MJ), si ce n’est qu’on est tous mort à la fin.

On joue depuis au moins quatre heures et la nuit (IRL*) est bien avancée. Nos investigateurs se retrouvent de nuit dans une maison en bordure d’agglomération (pour protéger un PNJ) et vont se faire assaillir par un (unique) zombi. La séquence va durer un bon moment avant que nos personnages parviennent à échapper au zombi en s’enfuyant dans la rue et en parvenant à s’en défaire (en l’écrasant avec notre auto, je crois me souvenir).

Nous étions tous à fond dans nos personnages et ressentions vraiment la peur et l’impuissance face au mort-vivant (personne ne pensait à lui tirer en plein crâne !), ça m’est très rarement arrivé en JdR (et pas du tout à Sombre par exemple) et, en y repensant, c’était assez ridicule pour 4 ou 5 PJs de fuir face à un zombi.

*Le deuxième souvenir, c’est à Kult pour une soirée Halloween. Nous jouions chacun un personnage « réel » (des français, et certains jouaient des personnes existantes – par exemple Christian Califano le rugbyman !) et un personnage d’un roman (par exemple « John McClane – oui celui de Die Hard). Le récit se dédouble donc à certains moments et on atteint l’épilogue.

Nos personnages « de roman » sont en grand danger, dans un monde onirique et effrayant, et nos PJs « réels » se retrouvent chez l’auteur du roman, ils le forcent à modifier le récit afin de sauver les personnages de roman, le tout dans un rythme effréné (le MJ décrivant l’écrivain tapant frénétiquement sur sa machine et faisant voler les feuillets à mesure que l’histoire se modifiait).

Nous, joueurs, étions en double immersion : à la fois « dans » nos personnages et dans les personnages du roman. C’était exaltant, d’autant que le scénario avait un compte à rebours précis.

Là aussi, l’immersion était totale, concentrée sur le ressenti de la peur pour nos personnages de roman, et sur l’exaltation à vouloir les sauver via nos PJs.
C’est mon souvenir de jeu le plus fort à ce jour en terme d’intensité. Il me semble qu’on avait réussi à sauver les héros du roman (mais nos PJs de Kult, pas sûr).

*IRL : in real life, dans la vie réelle, hors de la fiction.

Un moment remarquable de Sama64.

Zap le paladin

AD&D, au milieu des années 1990.

Les PJ sont niveau 7-8 et traquent un sorcier qu’ils savent puissant et sans pitié. Ils suivent sa trace et finissent par le retrouver derrière l’autel d’un temple dont il vient visiblement de tuer le prêtre en charge. Le sorcier les aperçoit, tend un doigt vers eux et commence à incanter. Tous se mettent à couvert, sauf le paladin qui charge. Jet de sauvegarde raté. C’était un sort de désintégration.

On s’est tellement raconté l’histoire de Zap le paladin (variante de Paf le chien) qu’on en a oublié son vrai nom…

Un moment remarquable de Kandjar

Le scientifique allemand parlait… allemand

Un de mes moments de JDR préférés était lors d’une partie de JDR grandeur nature/airsoft qu’on s’était organisée dans notre petite équipe, il y a déjà 5 ans. Ça se passait à Berlin Est en 1989, au moment où Américains, Allemands de l’Ouest, Soviétiques et Chinois se disputaient un scientifique Est-allemand qui disposait des plans d’armes secrètes et des archives sur des expériences d’occultisme menées par la Stasi.

Ce scientifique, c’était moi.

Et personne ne s’attendait à ce que ce scientifique ne parle qu’allemand ! Surtout que tous les camps devaient trouver un moyen de ramener le scientifique en question vivant, les agents secrets pouvaient me forcer à les suivre en me menottant ou en m' »injectant des drogues », ce qui me forçait à obéir pendant dix minutes, mais ne pouvaient pas me tirer dessus. Moi je pouvais ! Surtout que je ne comprenais pas un traître mot de ce que lesdits agents me demandaient, et que les voir agiter des flingues et des liasses de dollars ou des photos de ma « famille » en prison avait tendance à me stresser !

Finalement, ce sont les Chinois qui ont réussi à me ramener à leur camp en me bourrant de drogue (merci à l’infirmier qui jouait dans notre équipe et avait des stylos promotionnels en forme de seringue), mais ça a quand même dégénéré en fusillade magistrale quand les Soviétiques et les Américains, d’un commun accord (salauds !), ont décidé qu’il valait mieux m’éliminer que de me voir tomber entre les mains de Pékin !

Je me rappellerai toujours de la tête du premier agent à être entré en contact avec moi, un Soviétique, quand il a ouvert la porte de mon « bureau » et s’est fait remonter les bretelles dans la langue de Goethe (ou plutôt, vu le vocabulaire, d’un camionneur bavarois !).

Un moment remarquable de Lancer21.