Marchiavel, 1988-1989, Warhammer [Premières fois rôlistiques]

Ce devait être en 1988 ou 1989. J’avais donc 11 ou 12 ans.

C’est mon frère aîné qui m’a initié. Il devait mener pour la première fois avec le groupe de potes qu’il au lycée et, pour s’entraîner, il voulait le faire avec moi. Il m’a donc demandé de venir dans sa chambre, il s’est assis sur son lit, moi par terre sur la moquette, et on a commencé à créer mon personnage.

C’était Warhammer v1. J’ai créé un personnage assez mauvais (un contrebandier, avec une seule caractéristique au-dessus de 30 (31, en fait), et deux compétences de départ (1d4+1), qui étaient escalade et fuite.

Le scénario était une enquête sur les malversations d’un noble dans une cité. Scénario issu d’un magazine, peut-être Graal.

Je me souviens surtout du premier combat, contre quatre brigands dans une ruelle. J’ai vaguement essayé de me défendre, mais mauvais comme je l’étais, j’ai mis à profit mes compétences pour m’enfuir, et grimper sur le toit d’une maison ! Mon meneur de jeu a alors fait apparaître son personnage, un nain champion de justice, avec un trident magique « +1 attaque », qui a mis tout le monde en déroute.

Un peu après, il me faisait créer un personnage pour Star Wars d6 (avec les règles de pouvoirs issues d’un autre magazine), et je rejoignais son groupe de jeu. C’est d’ailleurs avec eux que je menai pour la première fois, à Star Wars d6, le scénario d’un Jeux Descartes, si je me rappelle bien, pour et avec des personnages expérimentés (8D en blaster pour le chasseur de primes, 7D+2 pour le pilote, etc., etc.).

Ensuite, j’ai acheté l’Appel de Cthulhu (v4 à l’époque), pour le mener à mes camarades de collège, le mercredi après-midi, chez mes parents. Et puis j’ai initié mes voisins aussi…

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Vorghyrn, 1990, AD&D [Premières fois rôlistiques]

Moi aussi j’ai eu un début -des débuts, en fait- amusant.

J’avais 12 ans, c’était en 1990. On était plusieurs familles parties ensemble à la montagne, donc une dizaine d’ado, de 11 à 20 ans. Le plus âgé de la bande était aussi rôliste et voulait nous faire essayer, mais le problème c’était qu’on était 10 joueurs. En plus, le meneur de jeu gérait absolument tout : on lui expliquait quel perso on voulait faire et il s’occupait de tout le reste (feuille, jet, etc.). En fait, techniquement, il nous a juste dit « dis-moi quel genre de personnage tu aimerais jouer ». On (ceux qui n’en avait jamais fait, à peu près la moitié) ne savait même pas qu’il y avait des caractéristiques sur des feuilles, des jets de dés ou même que c’était un « jeu de rôle ». C’était juste un jeu où on racontait des choses et où, parfois, le MJ nous interrompait, faisait un truc bizarre derrière un cahier avant de modifier -ou pas- notre récit.

Pour le contexte, je me rappelle vaguement qu’on était dans un village médiéval un peu loin de tout, entouré de forêt assez dense et qu’il y avait d’autres villages à quelques bornes du nôtre avec lesquels on faisait vaguement du commerce.

Mon personnage était un messager, mais qui n’aimait pas parler… Bah oui, je n’étais pas un ado très social -plutôt solitaire même. Du coup je m’étais trouvé le moyen de passer du temps loin de notre village. Quand le MJ m’a fait remarqué que c’était bizarre, un messager qui n’aime pas parler, je m’entend lui répondre « Moi, je délivre le message et je prend la réponse, c’est tout ». Ah ces ados… J’avais deux faucilles comme armes.
J’ai compris quelques années plus tard que le jeu devait être (A)D&D et que j’avais joué un rôdeur. Je ne me rappelle pas son nom, par contre.

Après, l’idée pour gérer la taille du groupe, c’était de nous faire faire des sessions séparées par petit groupe, selon la tournure de l’histoire. On a tous commencé dans le même village, mais plusieurs problèmes se présentaient, et l’idée était de faire des petits groupes qui géraient chaque problème.

Ça, c’était la théorie, parce qu’en pratique on a fait une grosse session de quelques heures où on était tous présent et où la plupart ont eu dix minutes de temps de jeu parce qu’un groupe (des joueurs qui connaissaient) ont trusté le MJ. Pour ma part, j’ai juste dû porter un message, faire quelques jet de survie/acrobatie pour passer des obstacles et arriver à un autre village pour me rendre compte qu’il avait été attaqué. Je ne me rappelle pas de la suite, et c’est dommage parce que ça m’avait plu.

Il m’a fallu 8 ans pour retomber -définitivement, cette fois- dans le JDR. C’était Vampire : La mascarade (3ième ed). Des potes de lycée (et amis) avec qui je jouais à Magic parlaient parfois de leurs parties (AD&D, Warhammer, Vampire, Loup-Garou…). J’avais eu ma période « Ann Rice » et, quand j’ai entendu « vampire », j’ai été intéressé. Il a fallu un peu de temps pour que ça se fasse, mais pour mes 20 ans, deux d’entre eux (dont le MJ) m’ont organisé une partie (avec d’autres de mes potes débutants aussi). J’ai adoré.

Leur groupe était hélas déjà plein. Pas de problème, le week-end suivant j’étais à la boutique l’Oeuf cube, pour m’acheter le livre de base de Vampire : La mascarade. J’allais être MJ ! Je l’ai lu, j’ai écris un scénario et j’ai enrôlé mes autres potes débutants à qui ça avait plu aussi. Une vocation était née !

Bref, le JDR, ça a été un démarrage en deux temps pour moi. J’ai un petit regret de ne pas avoir mieux compris la première fois ce que c’était parce que je pense que ça m’aurait plu en tant qu’ado. Mais je suis vraiment content d’avoir eu une deuxième chance parce que le JDR a été vraiment un gros plus dans ma vie.

Ravortel, 1982, D&D [Premières fois rôlistiques]

J’ai commencé en 1982, à 12 ans, avec la boîte rouge de D&D. Découverte tout seul, suite à un cadeau de Noël de ma mère sournoisement conseillée par un vendeur du Pion Magique de Caen pour un jeu « qui me sociabiliserait ». [Rires] Tu parles. Je suis devenu MJ d’une petite bande enfermée tous les samedis après-midi.

Je n’ai pas joué en club avant 1990, parce que d’une part ma bande de potes me suffisait, et d’autre part les clubs de MJC* avaient une abominable réputation de craignos. Et à voir les récits de bizutages, j’en suis heureux.

J’ai rebuté ainsi une joueuse à l’époque, qui avait créé un voleur tombé à la première escarmouche : pas de volonté de bizuter, juste une application bête de règles. Elle jouait en solo, donc mon premier TPK**. Et aussi mon premier râteau, parce qu’elle n’était pas venue pour le jeu de rôle et je ne l’ai pas compris…

*MJC : Maison des jeunes et de la culture.

**TPK : total party kill, partie au cours de laquelle tous les personnages-joueurs meurent.

Mole Shaman, 2000, AD&D2 [Premières fois rôlistiques]

Le 11 août 2000, j’ai 12 ans et demi quand je commence ma première partie de jeu de rôle sur un forum américain utilisant AD&D2. J’ai créé une elfe magicienne spécialiste de l’invocation, qui est aussi mon personnage de Baldur’s Gate II. Au cours des prochaines années sur ce forum, et avec des amis issus d’un forum de jeux vidéos consacré à Baldur’s Gate, je vais créer plusieurs autres personnages et commencer à être MJ. Au fil du temps, les relations de mon personnage avec les autres deviennent un vrai soap opera avec des histoires d’amour, la formation d’un apprenti et les relations compliquées mais riches en péripéties avec le mage elfique qui a formé mon personnage et qui a sombré dans l’invocation de démons et les conséquences de la lycanthropie pour mon personnage. Il force plus ou moins mon personnage à clore sa vie d’aventurière et à s’établir avec sa camarade prêtresse-vampire-aventurière pour devenir une sorte de Simbule locale que d’autres joueurs et joueuses sollicitaient pour des informations ou l’apprentissage de la magie.

Que de bons souvenirs ! J’ai découvert plusieurs autres univers avec mon groupe (Shadowrun et L5R surtout, en plus de D&D, mais un peu de Warhammer, Vampire et Exalted…), mais cette profondeur dans les sentiments et mon approche globalement narrativiste est vraiment liée à cette découverte adolescente du JDR pour moi, et les quelques personnages que j’ai créés et faits vivre à cette époque sont gravés dans mon souvenir (notamment une barde humaine). En tant que personne transgenre, la possibilité d’apprendre à faire vivre et vivre avec un personnage féminin, ainsi que l’observation et les échanges avec des personnages féminins et des joueuses a aussi été capital et extrêmement libérateur à cette époque où je prenais aussi conscience des droits LGBT* et de la discrimination notamment.

J’avais un peu découvert la culture rôliste à travers les jeux Bioware grâce à la lecture de PC Soluces , du Gouffre maudit (Loup Solitaire), acheté par hasard un jour de vacances dans une maison de la presse, et celle des livres de Tolkien et des romans TSR. Je crois que la première fois que j’en ai entendu parler c’était en suivant une partie d’AD&D2 par forum, dont je ne me rappelle rien sinon qu’il y avait un demi-orque élémentaliste de terre, et grâce à la lecture de certains suppléments des Royaumes comme Guerriers et Prêtres des Royaumes et Magiciens et Voleurs des Royaumes. C’était fascinant et cela a vraiment amélioré ma moyenne en anglais de manière phénoménale ! 🙂

*LGBT : « Lesbiennes, gays, bisexuels et trans » et son sigle « LGBT » sont utilisés pour désigner les personnes non hétérosexuelles et/ou non cisgenres.