Pollux, 1994, AD&D [Premières fois rôlistiques]

1994

J’ai 16 ans, je suis en seconde. Je suis à fond dans mon trip japon-manga-anime. Je lis aussi de la bd (Thorgal, la Terre de la Bombe, les compagnons du crépuscule, etc.) depuis tout petit. Je joue aux jeux vidéos (console plutôt que PC). Je commence à avoir les cheveux longs, je traine avec mon meilleur pote Vincent qui, lui, est à fond dans la culture américaine (basket, comics, grunge, films). Il me propose de jouer aux jeux de rôle (du vampire), ça ne m’intéresse pas trop…

Arrive septembre, il y a la rentrée en première. Il y a aussi (et surtout) les OAV* de Lodoss qui sortent. Forcément, fantasy plus Japon, ça fait tilt. Dans ma classe, il y a deux gars avec qui je m’entend bien, Maxence et Gilles. Une après midi d’octobre, Maxence qui voit qu’on s’intéresse à la fantasy, nous propose une partie d’AD&D. Il me prête le livre du joueur, et là, je rentre dans un monde qui me happe complètement.

Et donc, un demi-elfe biclassé magicien/prêtre Loyal-Bon (Gilles), un demi-orc biclassé guerrier/voleur Chaotique-Mauvais (joué par Duq-Huy) et une demi-elfe (reskinée en femme-chat aux cheveux bleus, parce que quand on est un weeboo, on l’est jusqu’au bout…) Chaotique-Bonne (jouée par votre serviteur) se rencontrent dans une auberge…

(Voir l’image pour se faire une idée du perso. Attention, ça pique les yeux!)

Première partie donc, où on a expérimenté le libre arbitre (l’auberge a finie en flammes), la stratégie (une contre-embuscade à base de mains brûlantes et de « se cacher dans l’ombre » lors d’une négociation sur des quais louches) et la mortalité des persos (j’ai réalisé que mon personnage n’était pas l’héroïne d’un dessin animé quand le seul et unique coup de dague qu’elle s’est pris l’a amenée à 1 PV). Cette partie n’a malheureusement (?) jamais eu de suite. Avec le même groupe, on a expérimenté du Shadowrun (où j’ai découvert que, non, un personnage full cyborg -façon Motoko Kusanagi- à la création était impossible) et Cthulhu (la Maison Corbitt, où mon détective privé a découvert le peu d’effet que les armes à feu ont sur les créatures surnaturelles et où le groupe s’est découvert des trésors d’ingéniosité pour s’en sortir…).

Mais c’est surtout après avoir vu Entretien avec un Vampire (décembre 1994), et surtout The Crow (août 1994) que j’accepte de jouer avec mon pote à Vampire : la Mascarade.

Premier vrai démarrage de rôliste, première plongée dans le monde de la culture underground américaine, premières lectures en anglais, aussi…

De là est né Sylvain, un jeune aristocrate du XIXe siècle, étreint par une gangrel inconnue, plongé en torpeur pendant un siècle, qui se réveille dans le monde contemporain… un personnage un peu à la Louis, trop humain (mon but était bien sûr de lui garantir une humanité de 10… vœux pieu), fou amoureux de la goule d’Arthis, toréador décadent comme seul les toréadors savent l’être (joué par Alex). De là, je suis devenu joueur très régulier (une à deux fois par semaines), puis meneur à Garou et Wraith… mais ça c’est une autre histoire !

*OAV : original video animation.

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Kaetel, 1994, Bloodlust {Premières fois rôlistiques]

Je devais avoir 16 ou 17 ans. Un gars de ma classe n’arrêtait pas de raconter ses aventures. Ça avait l’air sympa. J’ai accepté l’invitation de « venir voir comment ça se passe ». C’était Bloodlust. À part un pillage en règle d’un village, je me souviens surtout d’avoir été marqué par les attaques normales, brutales ou rapides.

J’y suis retourné, pour un Warhammer dont je n’ai aucun souvenir.

J’y suis encore retourné. Pour un Cthulhu. Il y avait un bateau. Un monstre qui grossissait à vue d’œil. Un naufrage… Et 20 ans plus tard, en achetant le Musée de Lhomme, j’ai reconnu Yacht, rafiot et liqueur d’algue

Ensuite, j’ai acquis mon premier jeu : INS/MV 2e édition. Acquis par un coup à la Valefor* (j’en suis pas fier). J’ai rassemblé des potes. Un club des jeunes s’est créé près de chez moi à cette époque. Il y avait des rôlistes (s’appelaient-ils déjà comme ça ?). Et puis ce fut l’escalade. Trois parties par semaine pendant des années. J’en suis encore à une par semaine, ce qui n’est pas mal pour un quarantenaire père de trois enfants…

*Valefor : Prince-démon des voleurs dans INS/MV.