TlönUqbar, 1984, AD&D [Premières fois rôlistes]

A l’origine

Avril 1984. Je suis lycéen, et les vacances de Pâques s’annoncent sans surprises en ce qui me concerne : des lectures de romans (principalement de science-fiction en piochant dans la bibliothèque fournie du pater), quelques parties de wargames avec des cousins de passage, des virées à vélo pour se faire une toile avec des potes, de la programmation et des jeux sur l’Atari 520ST acquis tout récemment et des écoutes de cassettes de groupes improbables dans ma chambre.

Sauf que…

Un de mes amis de classe m’a proposé un truc pour le lundi à venir. Il a emménagé dans la ville en début d’année scolaire et il aimerait monter un groupe de joueurs pour un jeu que lui a fait découvrir un de ses amis franco-américain il y a une paire d’années. « Pourquoi pas. » lui réponds-je. D’autant plus que la famille a annoncé que les cousins ne passeront pas, qu’il n’y a rien qui me tente au cinoche, que je n’ai pas de nouvelles cassettes audio à écouter en ce moment et que les accès à l’ordinateur sont restreints par décret familial suite à un premier trimestre peu reluisant d’après mes notes. « Comment il s’appelle, ton jeu ? »

« AD&D. Pour Advanced Dungeons & Dragons ».

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Fil, 1984, MEGA [Premières fois rôlistiques]

Moi, j’ai triché : pour être sûr de ne pas mourir, j’ai fait MJ !

Nous sommes en été 1984 (ou 1983 ?). Ça fait déjà quelques mois que j’essaie de me renseigner sur ces drôles de jeux. J’ai lu un article là-dessus dans le Vogue ou je ne sais plus quoi de ma maman, et je suis intrigué à fond. Durant le temps de midi, les grands du collège sortent des livres bizarres avec des tas d’illustrations de monstres super chouettes mais ne me laissent pas participer (*). Mais cet été-là, Jeux & Stratégie sort un hors-série, MEGA. Je l’achète en librairie (plus facile pour mon argent de poche que la boîte rouge pour un petit gars de 14/15 ans), et deux jours après je convie mon voisin à ma première partie, il va devoir sauver un ganymédien. On est scotché directement. On enchaîne partie sur partie pendant l’été en recrutant deux autres potes.

À la rentrée, nous nous organisons pour jouer tous les samedis après-midi, de 13h à 18h30. Et c’est parti. On achète à la fin d’année L’Appel de Cthulhu, puis après on ne s’arrête plus. Dans le désordre le plus total : L’Oeil Noir, Stormbringer, James Bond 007, Empire Galactique, Légendes, Bushido, Trauma, Paranoïa, (A)D&D, L’Ultime Épreuve, etc,, etc.

Après, à l’université, on se perd un peu de vue, mais j’initie d’autres zinzins avec qui je joue toujours et qui sont maintenant mes meilleurs amis.

Bref, ça fait maintenant bientôt 34 ou 35 ans que je lance des dés bizarres et je ne suis pas près de m’arrêter.

(*) fun fact : je suis retombé par hasard sur un des grands en question des années plus tard (un ami d’ami) et il fait maintenant partie de mon cercle rôliste, comme quoi…

Sherinford, 1984, D&D [Premières fois rôlistiques]

Itinéraire d’un rôliste gâté

« Il était une fois un petit garçon qui avait deux passions : les livres et son vélo de cross rouge rutilant, fabuleuse monture qui lui permettait de se déplacer seul jusqu’à la bibliothèque du coin, où il trouvait (à grand peine) de quoi étancher sa soif de fantasy et de science-fiction.

Un beau jour, alors qu’il rendait visite à un de ses fidèles amis, il découvrit son premier « livre dont VOUS êtes les héros ». Intrigué, il dévora l’opus avec passion, et en acheta d’autres, beaucoup d’autres.

En ce temps là, la maman de notre petit garçon, en femme libre et divorcée, rencontrait un certain nombre de prétendants aux talents divers et variés. Il se fait que l’un d’eux, José, avait un fils, Philippe. Philippe était déjà sorti de l’enfance, mais faisait partie de ces jeunes adultes que la compagnie des enfants et des adolescents ne dérangeait pas. Lorsque la fête battait son plein sur la place du village, il n’était pas rare que Philippe dépensait des sommes considérables en jetons pour les auto-tamponneuses, qu’il partageait ensuite avec son frère adoptif et les amis de celui-ci. Philippe était marin, et partait en mer six mois par an, puis revenait sur la terre ferme de Belgicie les six mois restant pour dépenser sa solde. Quoiqu’il en soit, une jour que Philippe passait à la maison, il surprit le petit garçon en train de lire un livre dont vous êtes le héros, et lui dit : « tu sais, si tu aimes ça, tu devrais essayer Donjons et Dragons« , et il lui expliqua dans les grandes lignes le principe du jeu de rôle… Sans le savoir, Philippe venait de planter les germes de ce qui allait bientôt devenir la troisième passion du petit garçon… »

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Mugen, 1984, Château des Sortilèges [Premières fois rôlistiques]

Moi, c’était à 9 ans environ, vers 1984. Mon père était lecteur de Jeux & Stratégies, et m’avait fait jouer deux ans plus tôt au Château des Sortilèges. L’on pourrait même dire que ma première approche du JDR a été via les photos des premiers J&S, que je feuilletais à 5 ans…

Avec mon meilleur ami, il nous a proposé de jouer à Mega. Il s’est contenté de nous expliquer le principe des jets sous caractéristiques, nous a donné des pré-tirés, et on a joué un scénario dans une colonie sur une exoplanète.

Peu après, c’était le boom des livres dont vous êtes le héros, mais les premiers essais de mon père pour m’y intéresser ont été des échecs. Jusqu’à ce que je me rende compte que le jeu auquel il m’avait fait jouer pouvait être un bon moyen d’intéresser mes copains, et là j’ai plongé…

Mithriel, 1984, D&D [Premières fois rôlistiques]

1984 (tulutu tututu), j’étais en quatrième. Mon prof d’anglais faisait un échange de poste avec un prof de français américain (ce dernier devait donc nous enseigner l’anglais, si vous suivez bien). Son fils était dans ma classe. J’ai dû être désigné pour l’accompagner dans ce nouveau collège pour lui. Toujours est-il qu’on est devenu pote (avec un troisième larron, aussi). Nous avons été rapidement intrigué par ses lectures (The Lord of the Rings) et ses hobbys (DnD). Il nous a montré une feuille de perso d’ADD horriblement dense, mais ça nous a plus intrigué que rebuté. Et là, paf ! Des troisièmes ouvrent un club D&D (c’était l’époque des TUC*, il y avait des clubs dans tous les sens et, en plus, on était prioritaire au self). Ni une, ni deux, je m’y pointe et nous voilà (enfin) arrivés à ma première partie.

Le MJ me fait tirer un personnage. Je lance plein de dés en remplissant au fur et à mesure les scores des caractéristiques. Le MJ me regarde et me dit : « Tu peux être clerc ». Sur le coup, ce ne l’était pas, clair, hu hu (clerc de notaire ?). C’est fou ce que le JdR développe le vocabulaire. Il y avait aussi charisme, ce jour-là. Une fois les personnages tous créés, nous sommes prêts à nous lancer dans l’aventure. Le MJ dessine un oméga au tableau (ben oui, on était dans une salle de classe). « Vous êtes devant une grotte. » Les autres, plus aguerris que moi, s’exclament en cœur : « On entre ! » Le MJ réplique : « Vous voyez un goblours. » Un quoi ?! « Il t’attaque ! » Qui, moi ? « Tu perds 18 PV. » Euh… « J’en ai 6. » Là, le MJ marque une pause, bien ennuyé. « Bon, ben, même avec les règles d’ADD, tu es en-dessous de -10… Ben… T’es mort… » Voilà, c’est tout !

Et le pire, c’est que je suis revenu. 🙂 On a surtout fait du D&D, un peu de Cthulhu. J’ai acheté D&D base, des dés (que j’ai toujours). On a aussi joué entre potes (ah, le Palais de la princesse Argenta…) et j’ai même repris le flambeau du club D&D l’année d’après. Mais, assez rapidement, j’ai fait l’expérience du grosbillisme (le gars avec un demi-tinigens armé d’une épée à deux mains, je n’ai pas acheté) et avec d’autres potes, on a monté le club jeux de rôle. On y a joué à Mega 2, l’Œil Noir, Féerie (pour être honnête, j’y avais créé un barbare avec quasi tous ses points de création en épée à deux mains — mais en respectant les règles, rien à voir avec le demi-tinigens 😉 ) et des machins persos style Terminator, Rugball ou un ersatz de Star Frontiers. Une chouette période !

Voir sur son blog http://darmont.free.fr/?p=3483

*TUC : Travaux d’utilité collective.