Zap le paladin

AD&D, au milieu des années 1990.

Les PJ sont niveau 7-8 et traquent un sorcier qu’ils savent puissant et sans pitié. Ils suivent sa trace et finissent par le retrouver derrière l’autel d’un temple dont il vient visiblement de tuer le prêtre en charge. Le sorcier les aperçoit, tend un doigt vers eux et commence à incanter. Tous se mettent à couvert, sauf le paladin qui charge. Jet de sauvegarde raté. C’était un sort de désintégration.

On s’est tellement raconté l’histoire de Zap le paladin (variante de Paf le chien) qu’on en a oublié son vrai nom…

Un moment remarquable de Kandjar

TlönUqbar, 1984, AD&D [Premières fois rôlistes]

A l’origine

Avril 1984. Je suis lycéen, et les vacances de Pâques s’annoncent sans surprises en ce qui me concerne : des lectures de romans (principalement de science-fiction en piochant dans la bibliothèque fournie du pater), quelques parties de wargames avec des cousins de passage, des virées à vélo pour se faire une toile avec des potes, de la programmation et des jeux sur l’Atari 520ST acquis tout récemment et des écoutes de cassettes de groupes improbables dans ma chambre.

Sauf que…

Un de mes amis de classe m’a proposé un truc pour le lundi à venir. Il a emménagé dans la ville en début d’année scolaire et il aimerait monter un groupe de joueurs pour un jeu que lui a fait découvrir un de ses amis franco-américain il y a une paire d’années. « Pourquoi pas. » lui réponds-je. D’autant plus que la famille a annoncé que les cousins ne passeront pas, qu’il n’y a rien qui me tente au cinoche, que je n’ai pas de nouvelles cassettes audio à écouter en ce moment et que les accès à l’ordinateur sont restreints par décret familial suite à un premier trimestre peu reluisant d’après mes notes. « Comment il s’appelle, ton jeu ? »

« AD&D. Pour Advanced Dungeons & Dragons ».

Lire la suite sur le blog de TlönUqbar.

Vorghyrn, 1990, AD&D [Premières fois rôlistiques]

Moi aussi j’ai eu un début -des débuts, en fait- amusant.

J’avais 12 ans, c’était en 1990. On était plusieurs familles parties ensemble à la montagne, donc une dizaine d’ado, de 11 à 20 ans. Le plus âgé de la bande était aussi rôliste et voulait nous faire essayer, mais le problème c’était qu’on était 10 joueurs. En plus, le meneur de jeu gérait absolument tout : on lui expliquait quel perso on voulait faire et il s’occupait de tout le reste (feuille, jet, etc.). En fait, techniquement, il nous a juste dit « dis-moi quel genre de personnage tu aimerais jouer ». On (ceux qui n’en avait jamais fait, à peu près la moitié) ne savait même pas qu’il y avait des caractéristiques sur des feuilles, des jets de dés ou même que c’était un « jeu de rôle ». C’était juste un jeu où on racontait des choses et où, parfois, le MJ nous interrompait, faisait un truc bizarre derrière un cahier avant de modifier -ou pas- notre récit.

Pour le contexte, je me rappelle vaguement qu’on était dans un village médiéval un peu loin de tout, entouré de forêt assez dense et qu’il y avait d’autres villages à quelques bornes du nôtre avec lesquels on faisait vaguement du commerce.

Mon personnage était un messager, mais qui n’aimait pas parler… Bah oui, je n’étais pas un ado très social -plutôt solitaire même. Du coup je m’étais trouvé le moyen de passer du temps loin de notre village. Quand le MJ m’a fait remarqué que c’était bizarre, un messager qui n’aime pas parler, je m’entend lui répondre « Moi, je délivre le message et je prend la réponse, c’est tout ». Ah ces ados… J’avais deux faucilles comme armes.
J’ai compris quelques années plus tard que le jeu devait être (A)D&D et que j’avais joué un rôdeur. Je ne me rappelle pas son nom, par contre.

Après, l’idée pour gérer la taille du groupe, c’était de nous faire faire des sessions séparées par petit groupe, selon la tournure de l’histoire. On a tous commencé dans le même village, mais plusieurs problèmes se présentaient, et l’idée était de faire des petits groupes qui géraient chaque problème.

Ça, c’était la théorie, parce qu’en pratique on a fait une grosse session de quelques heures où on était tous présent et où la plupart ont eu dix minutes de temps de jeu parce qu’un groupe (des joueurs qui connaissaient) ont trusté le MJ. Pour ma part, j’ai juste dû porter un message, faire quelques jet de survie/acrobatie pour passer des obstacles et arriver à un autre village pour me rendre compte qu’il avait été attaqué. Je ne me rappelle pas de la suite, et c’est dommage parce que ça m’avait plu.

Il m’a fallu 8 ans pour retomber -définitivement, cette fois- dans le JDR. C’était Vampire : La mascarade (3ième ed). Des potes de lycée (et amis) avec qui je jouais à Magic parlaient parfois de leurs parties (AD&D, Warhammer, Vampire, Loup-Garou…). J’avais eu ma période « Ann Rice » et, quand j’ai entendu « vampire », j’ai été intéressé. Il a fallu un peu de temps pour que ça se fasse, mais pour mes 20 ans, deux d’entre eux (dont le MJ) m’ont organisé une partie (avec d’autres de mes potes débutants aussi). J’ai adoré.

Leur groupe était hélas déjà plein. Pas de problème, le week-end suivant j’étais à la boutique l’Oeuf cube, pour m’acheter le livre de base de Vampire : La mascarade. J’allais être MJ ! Je l’ai lu, j’ai écris un scénario et j’ai enrôlé mes autres potes débutants à qui ça avait plu aussi. Une vocation était née !

Bref, le JDR, ça a été un démarrage en deux temps pour moi. J’ai un petit regret de ne pas avoir mieux compris la première fois ce que c’était parce que je pense que ça m’aurait plu en tant qu’ado. Mais je suis vraiment content d’avoir eu une deuxième chance parce que le JDR a été vraiment un gros plus dans ma vie.

Garipipok, 1983, AD&D [Premières fois rôlistiques]

Moi, c’était en 1983, au collège. L’année précédente, j’avais vu des parties en salle de permanence, avec Dungeon Floor Plans et figurines. J’ai été fasciné.

Je me suis donc inscrit au club « Simulation » de mon collège, qui avait des créneaux dans une salle et quelques livres d’AD&D (en anglais). Un membre m’a aidé à tirer mon premier perso, un voleur elfe nommé Eluinas. J’ai toujours la fiche. Je ne me rappelle pas exactement de la première partie, j’ai juste quelques flashs de scènes marquantes de cette époque (un PJ nain qui essaie de me buter en plein milieu d’un combat parce qu’il n’aime pas les elfes – c’est moi qui l’ai eu, hé hé).

Pollux, 1994, AD&D [Premières fois rôlistiques]

1994

J’ai 16 ans, je suis en seconde. Je suis à fond dans mon trip japon-manga-anime. Je lis aussi de la bd (Thorgal, la Terre de la Bombe, les compagnons du crépuscule, etc.) depuis tout petit. Je joue aux jeux vidéos (console plutôt que PC). Je commence à avoir les cheveux longs, je traine avec mon meilleur pote Vincent qui, lui, est à fond dans la culture américaine (basket, comics, grunge, films). Il me propose de jouer aux jeux de rôle (du vampire), ça ne m’intéresse pas trop…

Arrive septembre, il y a la rentrée en première. Il y a aussi (et surtout) les OAV* de Lodoss qui sortent. Forcément, fantasy plus Japon, ça fait tilt. Dans ma classe, il y a deux gars avec qui je m’entend bien, Maxence et Gilles. Une après midi d’octobre, Maxence qui voit qu’on s’intéresse à la fantasy, nous propose une partie d’AD&D. Il me prête le livre du joueur, et là, je rentre dans un monde qui me happe complètement.

Et donc, un demi-elfe biclassé magicien/prêtre Loyal-Bon (Gilles), un demi-orc biclassé guerrier/voleur Chaotique-Mauvais (joué par Duq-Huy) et une demi-elfe (reskinée en femme-chat aux cheveux bleus, parce que quand on est un weeboo, on l’est jusqu’au bout…) Chaotique-Bonne (jouée par votre serviteur) se rencontrent dans une auberge…

(Voir l’image pour se faire une idée du perso. Attention, ça pique les yeux!)

Première partie donc, où on a expérimenté le libre arbitre (l’auberge a finie en flammes), la stratégie (une contre-embuscade à base de mains brûlantes et de « se cacher dans l’ombre » lors d’une négociation sur des quais louches) et la mortalité des persos (j’ai réalisé que mon personnage n’était pas l’héroïne d’un dessin animé quand le seul et unique coup de dague qu’elle s’est pris l’a amenée à 1 PV). Cette partie n’a malheureusement (?) jamais eu de suite. Avec le même groupe, on a expérimenté du Shadowrun (où j’ai découvert que, non, un personnage full cyborg -façon Motoko Kusanagi- à la création était impossible) et Cthulhu (la Maison Corbitt, où mon détective privé a découvert le peu d’effet que les armes à feu ont sur les créatures surnaturelles et où le groupe s’est découvert des trésors d’ingéniosité pour s’en sortir…).

Mais c’est surtout après avoir vu Entretien avec un Vampire (décembre 1994), et surtout The Crow (août 1994) que j’accepte de jouer avec mon pote à Vampire : la Mascarade.

Premier vrai démarrage de rôliste, première plongée dans le monde de la culture underground américaine, premières lectures en anglais, aussi…

De là est né Sylvain, un jeune aristocrate du XIXe siècle, étreint par une gangrel inconnue, plongé en torpeur pendant un siècle, qui se réveille dans le monde contemporain… un personnage un peu à la Louis, trop humain (mon but était bien sûr de lui garantir une humanité de 10… vœux pieu), fou amoureux de la goule d’Arthis, toréador décadent comme seul les toréadors savent l’être (joué par Alex). De là, je suis devenu joueur très régulier (une à deux fois par semaines), puis meneur à Garou et Wraith… mais ça c’est une autre histoire !

*OAV : original video animation.