Moi aussi

 

Partie d’Ars Magica à la convention Nemesis de Clermont-Ferrand, fin des années 1990. Deux histoires, une de vengeance et une d’amour, qui finit mal à cause de la première (voir les scénarios et aides de jeu ici). La conclusion du scénario est une scène d’adieu entre un jeune mage et la fille du baron local, dont il est amoureux, qui a été tuée par le frère du baron (la fameuse vengeance) et qui est apparue au mage en tant que fantôme (vous suivez ?). Le mage est le seul à pouvoir la laisser partir en paix (la jeune fille l’aime aussi, détail important, et le perso prétiré a le sort qui va bien, au cas où).

Ce salopard de barbu de Sam me sort : « Je t’aime ».

J’y réponds (j’étais le MJ) avec la gorge nouée : « Moi aussi”.

Une joueuse chiale à la table.

Sam a eu le premier prix de roleplay, sauf erreur de ma part.

Un moment remarquable de Mithriel.

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Linguistique féérique

Partie d’Ars Magica, il y a moult années (1992 ?) : mon groupe de joueurs pénètre un plan féérique et découvre une peuplade locale que je leurs décris (sans noms, comme à peu près des Masaïs -très grands et très sombres de peau), en ayant prévu « pour l’ambiance » quelques mots de leur langue : « salut », « homme », « maison ».

Hors le seul mage présent ne disposait pas de sorts capablent de comprendre les langues, de lire les pensées, ni ne pouvait en improviser un. Du coup, il a fallu communiquer « à l’ancienne », et mes joueurs se sont passionnés pour cette petite communauté -qui n’était là que pour la couleur locale-, me poussant à inventer frénétiquement les bases d’un langage, sur la base d’associations de syllabes basiques pour créer des mots (« homme+altération=femme », « maison+altération=village », « variation sur homme=bétail », « reprendre cette variation pour signifier négation », etc.*), sur les restes d’un vague souvenir de cours de linguistique que je n’avais que lus et jamais suivis quelques années auparavant… Sans que les joueurs ne se rendent compte que je créais à la volée !

Passionnant, et cinq ans après mes joueurs m’en parlaient encore avec nostalgie.

* Exemples, mais je ne me souviens plus des mots exacts de l’époque :

Homme=hûn.
Femme=huân.
Maison=Sîn.
Village=Siân.
Bétail=non-homme=kehûn.
Étranger=kehûn-hûn (homme-animal => non membre de la tribu, ce concept les a bloqués un bon moment avant de le comprendre).
Etc.

Un moment remarquable de Ravortel.