Melkior Vubass, 1982, D&D [Première fois rôlistique]

J’ai acheté par curiosité le n°4 de Jeux et Stratégies, il y avait dedans un dossier sur le jeu de rôles, avec des adresses. Coup de chance, un magasin se trouve près de chez moi, c’est l’Éclectique, et un club est situé dans ma ville, les réunions se font même à 100 mètres de chez moi.

Mes premiers jeux furent D&D, au format boîte rouge puis livres, Runequest et d’autres jeux de Chaosium. Pas facile de comprendre seul avec ses gros bouquins en anglais.

Après quelques semaines, je me rends au club, je découvre une bande d’étudiants qui jouent (j’ai 25 ans à l’époque). L’un des joueurs me passe une feuille de personnage, c’est un voleur hobbit, j’ai bien accroché. Au bous de quelques semaines je suis devenu maître de jeu, le problème par la suite, c’est que personne ne veut prendre ma place. Par la suite j’ai constitué un petit groupe qui venait jouer chez moi.

C’est lors d’une partie que j’ai rencontré un joueur qui écrivait un fanzine, c’était Méluzine.

Voilà mes débuts.

Mémoire d’un rôliste de la MJC Montchapet

Texte publié sur le forum Dijon et Dragons en 2011. Il n’y a plus de jeu de rôle à la MJC Montchapet depuis 2013.

Je livre ici, sans la moindre objectivité, une partie de mon histoire de la MJC Montchapet. Ça m’est venu comme ça, en me disant « autant raconter l’histoire », surtout au vue du contexte actuel. Je concède donc bien volontiers un léger sentiment de nostalgie, mais plutôt positif, car il me donne d’autant plus envie de continuer à jouer.

Genèse

En 1992, je suis l’heureux possesseur du jeu de plateau Heroquest depuis un an, un de mes cousins parisiens (j’apprendrai plus tard qu’il a fréquenté le triangle maudit du  jeu de rôle, rue Descartes, Jussieu et l’Oeuf Cube) regarde la boite et me dit : “Tiens on dirait DD !”. On s’en parle un peu et j’en ressors avec deux consignes : récupérer la prochaine fois que je vais à Paris une version photocopiée de DD et un encouragement à lire le Seigneur des Anneaux. J’avais déjà lu Bilbo le hobbit, mais j’ignorais qu’il y avait une suite.

Tenant sa promesse, mon cousin me laisse une copie incomplète de DD, une poignée de dés aux formes bizarres et un autre jeu de rôle (JDR) appelé L’Ultime épreuve. Je lis DD, surtout le bestiaire et la magie, j’ai du mal à capter le système du D20. Le jeu ne permet de jouer des persos que jusqu’au niveau 5, mais je m’y plonge et je fais une ou deux parties avec des amis aussi jeunes que moi. Le même mois, je m’abonne à Dragon magazine VF et je commence au numéro 9. Fin 1992, lors d’un voyage en train, je me paie un Casus Belli, le numéro 82, je découvre alors un univers vaste et aussi plus large que DD, avec en plus un encart avec des scénarios… Je le lis et relis, et je m’abonne aussi sec. C’est aussi l’information qu’il existe des clubs et une boutique à Dijon, Excalibur.

Se rendre à Exca durant l’été est une vraie quête initiatique, trouver le lieu et m’y rendre en bus ne fut que le début de l’épreuve (à l’époque, j’habite chez mes parents, à Neuilly-les-Dijon). L’endroit est une grotte, avec des êtres étranges ; il y a des comics, du JDR et de la figurine (que je connais déjà depuis un an, mais c’est pas le sujet). J’en ressors avec le guide des joueurs d’AD&D 2, des dés qui ne quitteront plus jamais ma trousse et une sainte frayeur du vendeur et son légendaire « pose ton sac gamin ».

À cette époque, dois-je le rappeler, sans internet, j’ai acquis des trucs divers : des livres dont vous êtes le héros, des magazines comme Jeux & Stratégies qui parlent de wargames, des catalogues Descartes, des romans sur les Forgotten Realms et j’ai découvert sous les conseils d’un bon bibliothécaire Lovecraft et Asimov. Je suis décidé à me lancer dans le JDR, et dès le début comme MJ, vu que j’ai maitrisé du DD et des dizaines de variantes d’Heroquest dans mon cercle d’amis. Je me plonge dans le Casus et trouve trois clubs sur la région : Quétigny, Montchap, Chenôve. Le dernier étant trop loin, je me porte sur Quétigny, parce que je connais, j’y étais scout, et que pour le bus, c’est simple, un seul changement.

Je me rends là-bas (accompagné de ma mère) et je tombe sur Pascal B. qui a l’honnêteté, après un accueil chaleureux, de nous dire qu’il n’a plus de place pour les jeunes pour cette année, et qu’on devrait tenter notre chance à Montchapet.

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Les dés dans l’escalier

1983, j’ai 10 ans. Pour faire du jeu de rôle, du D&D en l’occurrence, et jouer, simplement, jouer… pas de place, pas de table, pas de pièce dédiée, même pas le sol d’un couloir, pas de club, rien.

Alors, nous jouons dehors, une bande de gamins sur des marches d’escalier. Le MJ (moi) sur la marche en haut, évidemment. Les dés à se partager. Et les dés qui roulent, dévalent l’escalier, vont sur la route…

Et ça continuera encore ainsi une paire d’années. Il n’y aura que la pluie ou la neige qui nous empêcheront de jouer. J’ai fait découvrir le JdR à tous les gosses de mon quartier, comme ça.

Un moment remarquable de Kridenow.

Sherinford, 1984, D&D [Premières fois rôlistiques]

Itinéraire d’un rôliste gâté

« Il était une fois un petit garçon qui avait deux passions : les livres et son vélo de cross rouge rutilant, fabuleuse monture qui lui permettait de se déplacer seul jusqu’à la bibliothèque du coin, où il trouvait (à grand peine) de quoi étancher sa soif de fantasy et de science-fiction.

Un beau jour, alors qu’il rendait visite à un de ses fidèles amis, il découvrit son premier « livre dont VOUS êtes les héros ». Intrigué, il dévora l’opus avec passion, et en acheta d’autres, beaucoup d’autres.

En ce temps là, la maman de notre petit garçon, en femme libre et divorcée, rencontrait un certain nombre de prétendants aux talents divers et variés. Il se fait que l’un d’eux, José, avait un fils, Philippe. Philippe était déjà sorti de l’enfance, mais faisait partie de ces jeunes adultes que la compagnie des enfants et des adolescents ne dérangeait pas. Lorsque la fête battait son plein sur la place du village, il n’était pas rare que Philippe dépensait des sommes considérables en jetons pour les auto-tamponneuses, qu’il partageait ensuite avec son frère adoptif et les amis de celui-ci. Philippe était marin, et partait en mer six mois par an, puis revenait sur la terre ferme de Belgicie les six mois restant pour dépenser sa solde. Quoiqu’il en soit, une jour que Philippe passait à la maison, il surprit le petit garçon en train de lire un livre dont vous êtes le héros, et lui dit : « tu sais, si tu aimes ça, tu devrais essayer Donjons et Dragons« , et il lui expliqua dans les grandes lignes le principe du jeu de rôle… Sans le savoir, Philippe venait de planter les germes de ce qui allait bientôt devenir la troisième passion du petit garçon… »

Lire la suite sur le blog de Sherinford.

Fort Boyard, 1990, un jeu TV inspiré de Donjons et Dragons

En 1990, un nouveau jeu télévisuel est lancé : Fort Boyard.

Des équipes, en compétition, passent de pièce en pièce pour résoudre des énigmes ou affronter des défis, le tout sous la férule d’un Maître du Fort.

Tout ça ne vous rappelle rien ?

Hé oui, Fort Boyard a été inspiré de Donjons et Dragons, comme c’est révélé à la fin de l’émission du 28 août 1999 :

De 0’40 » à 1’46 », on apprend que le jeu télévisé est inspiré des jeux de rôle, jeux à la mode à cette époque, mais Jacques Antoine, créateur de l’émission, est coupé avant d’aller plus loin. D&D est cité texto deux ou trois fois, Jacques Antoine explique que dans un JDR il y a une équipe avec des pouvoirs ou des objets qui vont dans des donjons, explore pièce par pièce pour embrasser la princesse ou trouver un trésor.

Emission Heart of the Matter, 1980, Donjons & Dragons

En 1980, la BBC présentait le jeu de rôle, phénomène alors grandissant, dans son émission Heart of the Matter. Selon Sébastien Savard, qui signale la mise en ligne de cet extrait par la BBC, il s’agissait du préambule d’une émission centrée sur des débats publics éthiques et religieux à un moment où un mouvement de panique naissait autour de cette activité et ses prétendus liens avec le satanisme, les déséquilibres mentaux et le suicide.

Retrouver cette vidéo de 5 minutes en anglais sur la page Facebook de BBC Archive.

Le club de Donjons et Dragons de la MJC de Saint-Rémy-lès-Chevreuse dans les années 1970

Au tout début de l’arrivée du jeu de rôle en France, Finael et ses amis découvrirent ce nouveau jeu et fondèrent en 1978 l’un des tous premiers (si ce n’est le premier) clubs de JDR de France, à la MJC* (edit: ou Maison des loisirs et de la culture) de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
Leur épopée est raconté sur ce site, de même que leur campagne de Pranarant, illustrée de force cartes, plans et photos d’époque.


*MJC: Maison des jeunes et de la culture.

Cdang, 1985, D&D [Premières fois rôlistes]

Moi c’était en 4e et en 1985. La première partie ça devait être avec la boîte rouge, je sais plus trop. On a créé les persos, il y a avait des rumeurs à la taverne (genre les gobelins ont peur des nains), j’ai franchi une rivière, je me suis cogné au bord de la carte, on est entré dans une grotte avec des gobelins et j’ai lancé un charme personne ou un truc du genre. Puis c’était l’heure de reprendre mon bus.

Je me souviens mieux de la 2e, toujours avec le même pote (un mec possédant un TO7*, vous pensez bien que j’avais gardé contact quand il a changé de bahut !), là c’était à AD&D, je crée un Félys, je tire le d100 et me retrouve psionique. Le scénar, c’était Le Temple de M’Shu dans Casus Belli.

Ce qui est à peu près sûr, c’est qu’on se foutait un peu des règles. Le MD nous a sorti un deus ex machina qui a latté le dragon et ouvert une brèche dans le mur pour qu’on puisse sortir. Je crois que c’est dans cette partie que je me suis amputé d’un doigt parce que, comme un con, j’ai essayé l’anneau que j’avais trouvé.

En tous cas, j’ai eu l’occasion de recycler ça dans une de mes rédac’. Il fallait écrire une histoire à la manière d’un conte de fées avec le schéma actanciel « quivabien », j’ai fait ça sous la forme d’une partie de D&D 😀

Bon, sinon le poto m’a montré Mega II que c’était super bien parce qu’il y avait une silhouette pour localiser les dégâts. Donc le 1er JdR que j’ai acheté, ça a été le hors série J&S à la librairie du coin.

*TO7 : ordinateur Thomson O7.

Sauriak, 1978-1979, D&D [Premières fois rôlistiques]

A Nancy, probablement lors d’un après-midi de février 1978 ou 1979, nous avons créé nos personnages. Une ou deux semaines après, nous avons joué notre première partie qui était attachée au B1 (In search of the Unknown). C’est un ami de notre âge (environ 13-14 ans) qui maîtrisait puisqu’il était le seul à avoir fait anglais en première langue et avait déjà était initié par son père.

Nos personnages ont été créés selon la méthode du jet unique de 3D6 dans l’ordre des caractéristiques et je me suis retrouvé avec un semi-elfe clerc avec 3 en force et 17 en sagesse. Moi qui rêvais de Conan le Barbare ou d’un magicien, j’étais loin du compte 😉

Comme nous étions seulement deux PJ, notre MJ nous a d’emblée collé des PNJ serviteurs issus d’un tirage sur une table. Mon henchman était un nain voleur nommé Mezron. Mon comparse était un elfe guerrier-magicien. Je ne me souviens plus de son acolyte.

J’ai un vague souvenir d’un long couloir avec des bouches magiques et d’une porte secrète qui débouchait sur un dédale. Nous ne sommes pas allé très loin et avons dû nous replier sous la pression de monstres errants en trop grand nombre. Nous avons tenu 1 ou 2 combats contre des squelettes, un centipède géant et des vers pourrisseurs. Je crois que nous avons fui face à un monstre rouilleur et faute de sorts. J’avais soigné tout mon possible et l’unique magic missile avait été consumé sur le centipède.

Nous n’avons jamais repris la partie.

Finalement, mon comparse elfe est devenu notre MJ régulier et, pour qu’il ne soit pas frustré, je me suis mis à la maîtrise en alternance. Il est plus porté sur le merveilleux façon Tolkien alors que je suis plus sword & sorcery, ce qui a permis de varier les genres pour la bande d’amis.

Mon premier module/scénario en tant que MJ fut le B2, fourni dans la boîte D&D, avec une série inachevée de trois parties. Non par raison de morts mais parce que nous étions volatiles.

Les premiers Casus Belli nous ont enchanté avec les articles de l’ami Jean Balcezak, la série « Devine qui vient dîner ce soir » et les mythiques donjons comme « le Château des Sphinx » et « la Gorge de Fafnir ».

Mithriel, 1984, D&D [Premières fois rôlistiques]

1984 (tulutu tututu), j’étais en quatrième. Mon prof d’anglais faisait un échange de poste avec un prof de français américain (ce dernier devait donc nous enseigner l’anglais, si vous suivez bien). Son fils était dans ma classe. J’ai dû être désigné pour l’accompagner dans ce nouveau collège pour lui. Toujours est-il qu’on est devenu pote (avec un troisième larron, aussi). Nous avons été rapidement intrigué par ses lectures (The Lord of the Rings) et ses hobbys (DnD). Il nous a montré une feuille de perso d’ADD horriblement dense, mais ça nous a plus intrigué que rebuté. Et là, paf ! Des troisièmes ouvrent un club D&D (c’était l’époque des TUC*, il y avait des clubs dans tous les sens et, en plus, on était prioritaire au self). Ni une, ni deux, je m’y pointe et nous voilà (enfin) arrivés à ma première partie.

Le MJ me fait tirer un personnage. Je lance plein de dés en remplissant au fur et à mesure les scores des caractéristiques. Le MJ me regarde et me dit : « Tu peux être clerc ». Sur le coup, ce ne l’était pas, clair, hu hu (clerc de notaire ?). C’est fou ce que le JdR développe le vocabulaire. Il y avait aussi charisme, ce jour-là. Une fois les personnages tous créés, nous sommes prêts à nous lancer dans l’aventure. Le MJ dessine un oméga au tableau (ben oui, on était dans une salle de classe). « Vous êtes devant une grotte. » Les autres, plus aguerris que moi, s’exclament en cœur : « On entre ! » Le MJ réplique : « Vous voyez un goblours. » Un quoi ?! « Il t’attaque ! » Qui, moi ? « Tu perds 18 PV. » Euh… « J’en ai 6. » Là, le MJ marque une pause, bien ennuyé. « Bon, ben, même avec les règles d’ADD, tu es en-dessous de -10… Ben… T’es mort… » Voilà, c’est tout !

Et le pire, c’est que je suis revenu. 🙂 On a surtout fait du D&D, un peu de Cthulhu. J’ai acheté D&D base, des dés (que j’ai toujours). On a aussi joué entre potes (ah, le Palais de la princesse Argenta…) et j’ai même repris le flambeau du club D&D l’année d’après. Mais, assez rapidement, j’ai fait l’expérience du grosbillisme (le gars avec un demi-tinigens armé d’une épée à deux mains, je n’ai pas acheté) et avec d’autres potes, on a monté le club jeux de rôle. On y a joué à Mega 2, l’Œil Noir, Féerie (pour être honnête, j’y avais créé un barbare avec quasi tous ses points de création en épée à deux mains — mais en respectant les règles, rien à voir avec le demi-tinigens 😉 ) et des machins persos style Terminator, Rugball ou un ersatz de Star Frontiers. Une chouette période !

Voir sur son blog http://darmont.free.fr/?p=3483

*TUC : Travaux d’utilité collective.