Le scientifique allemand parlait… allemand

Un de mes moments de JDR préférés était lors d’une partie de JDR grandeur nature/airsoft qu’on s’était organisée dans notre petite équipe, il y a déjà 5 ans. Ça se passait à Berlin Est en 1989, au moment où Américains, Allemands de l’Ouest, Soviétiques et Chinois se disputaient un scientifique Est-allemand qui disposait des plans d’armes secrètes et des archives sur des expériences d’occultisme menées par la Stasi.

Ce scientifique, c’était moi.

Et personne ne s’attendait à ce que ce scientifique ne parle qu’allemand ! Surtout que tous les camps devaient trouver un moyen de ramener le scientifique en question vivant, les agents secrets pouvaient me forcer à les suivre en me menottant ou en m' »injectant des drogues », ce qui me forçait à obéir pendant dix minutes, mais ne pouvaient pas me tirer dessus. Moi je pouvais ! Surtout que je ne comprenais pas un traître mot de ce que lesdits agents me demandaient, et que les voir agiter des flingues et des liasses de dollars ou des photos de ma « famille » en prison avait tendance à me stresser !

Finalement, ce sont les Chinois qui ont réussi à me ramener à leur camp en me bourrant de drogue (merci à l’infirmier qui jouait dans notre équipe et avait des stylos promotionnels en forme de seringue), mais ça a quand même dégénéré en fusillade magistrale quand les Soviétiques et les Américains, d’un commun accord (salauds !), ont décidé qu’il valait mieux m’éliminer que de me voir tomber entre les mains de Pékin !

Je me rappellerai toujours de la tête du premier agent à être entré en contact avec moi, un Soviétique, quand il a ouvert la porte de mon « bureau » et s’est fait remonter les bretelles dans la langue de Goethe (ou plutôt, vu le vocabulaire, d’un camionneur bavarois !).

Un moment remarquable de Lancer21.

Les traces en grandeur nature

Lucie Choupaut  a publié en 2013 sur Electro-GN un article en trois parties sur la question « Quelles traces pour le jeu de rôle grandeur nature ? » qui correspond fortement aux questionnements à l’origine de Mémoire de rôlistes.

Elle y aborde les objectifs de cette conservation ainsi que la façon de faire : culture du secret de certains GN, biais de la photographie, enregistrement vidéo, nécessité et légitimité d’un contrôle des traces par les auteurs, etc.

Découvrez ces articles ici : Partie 1Partie 2Partie 3

« Grâce aux documents visuels qui subsistent, la mémoire de l’événement se transmet et devient un élément essentiel de l’analyse artistique. »

in La performance, entre archives et pratiques contemporaines, sous la direction de J. Bégoc, N. Boulouch et E. Zabunyan, Presses universitaires de Rennes, Archives de la critique d’Art, Rennes, 2010.

Pix or didn’t happen, ou les traces du grandeur nature

Larp Gear V by kickfoot

L’article Pix or didn’t happen de Juhana Pettersson, dans le Knutepunkt Book de 2009 présente les raisons de la très faible documentation des parties de jeu de rôle sur table et grandeur nature (GN), à savoir leur caractère éphémère. Elle y explique pourquoi et comment cela peut changer, par exemple à travers la photographie.

Role-playing games, both larp and tabletop, are an ephemeral art form.
The games are usually done only once, and people hear about them
through word of mouth. Now, in the era of unprecedented ease in publishing stuff on the internet, is the time to change this and start documenting games properly.

Voir aussi le reportage LARP Photographer: Photographing Live Action RolePlay.