Fred d’Abalam

INS, joueur

Des mois que nous jouons avec le même groupe de démons. Le groupe tourne bien et les missions réussissent souvent mais, comme ce sont des démons, il y a des différents et des dissensions.

Arrive un jour, alors qu’il faut monter les escaliers d’une belle demeure pour continuer l’inspection à l’étage, le démon de Furfur refuse de porter le mien jusqu’en haut. Ce jour-là, mon démon d’Abalam a dû quitter son fauteuil roulant, le porter jusqu’en haut de l’escalier en râlant avant de se rasseoir et de repartir en roulant sous les regards ahuris.

Toute la table, sauf le MJ, a réalisé que ce perso qu’ils n’avaient toujours connu qu’en fauteuil pouvait marcher et n’était pas du tout handicapé.

Y’avait pas d’autre Fred dans le groupe, mais ils m’ont toujours appelé Fred d’Abalam après ça.

Note : Nogent-le-Roi, 1994, 5 joueurs entre 20 et 25 ans.

Un moment remarquable d’Eskhiss.

Cleptomanie sur table

Les jours où j’ai joué un personnage de kender magique.

Un kender n’est pas un voleur, mais c’est parfois un cleptomane.

Par diverses manipulations, « Passe-moi la gomme »/je me penche par-dessus la table et récupère des trucs au passage ; « T’as combien dans cette carac »/je compare les feuilles ; Je t’emprunte, je te rends mais j’en récupère d’autres au passage en te rendant, etc. ; un certain nombre d’objets ont disparu sur la table au fur et à mesure de la partie, jusqu’à ce que les circonstances fassent que le MJ arrive à une situation de combat et veuille lancer ses dés, qu’il ne retrouve pas.

Pour pouvoir jouer la scène, j’ai dû ressortir de sous la table, là où c’était posé sur mes genoux :

  • Tous les dés du MJ plus sa trousse ;
  • quelques crayons et gommes divers ;
  • des dés appartenant à d’autres joueurs ;
  • la feuille de perso d’un joueur assis en face de moi ;
  • la piste de 421 sur laquelle on lançait les dés ;
  • et j’en oublie, mais ils ont dû s’en souvenir, eux.

Plus tard, au cours d’un passage par une sorte de plan magique ou une demeure de grand mage, le kender se retrouve isolé du groupe et passe ce qui semble différentes épreuves ou pièces étonnantes. L’une d’elle est une immense pièce blanche vide. Mon personnage pense à quelque chose et ce quelque chose apparaît magiquement. Tout, n’importe quoi est possible. La tête des autres joueurs quand je suis ressorti avec juste mon sac à dos que j’avais perdu un peu plus tôt dans le scénario… Priceless.

Note : Nogent-le-Roi, 1994, 5 joueurs entre 20 et 25 ans, monde perso à inspiration multiple et persos allant du kender au minotaure.

Un moment remarquable d’Eskhiss.

Tu vas être papa

Suite de scénarios à Shadowrun.

Alors que la run est bien avancée, que les persos sont en infiltration et tous en action, le rigger reçoit un message sur son commlink :

Tu vas être papa

J’avais fait en sorte qu’il se mette en couple avec une PNJ shaman requin rencontrée lors d’une des sessions précédentes, située x temps avant. La partie continue et ils réussissent la mission.

Deux semaines plus tard, avant la partie suivante, le joueur vient me voir.

« T’as changé ma façon de jouer. Je me suis mis à faire attention à mon perso. Savoir que si il meurt ça implique d’autres choses. J’ai fait beaucoup plus attention et évité de prendre des risques, alors que d’habitude… »

Moi, je suis content d’avoir influencé à ce point un joueur sur son perso et ce qui est important pour lui dans la vie.

Note : Fac d’Orleans, 1991, joueurs entre 18 et 22 ans.

Un moment remarquable d’Eskhiss.

Les journées mondiales de la vieillesse

Partie de INS, « les journées mondiales de la vieillesse », à Chartres.

Les joueurs ont fait un plan, des diversions sont prévues, tout est bien cadré quand l’un d’entre eux, emporté par son enthousiasme, commence à agir au milieu du camp ennemi… mais avant que les diversions aient été lancées. Un démon qui distribue des bouteilles de champagne au milieu de la bourgeoisie locale en gueulant « tout le monde à poil ! » (Oups, les pnj ne sont pas encore drogués.)

Intervention angélique, décès du PJ, repérage des complices, fuite en urgence, poursuite, usage de pouvoirs dans la rue devant témoins. Équipe éparpillée qui en réchappe parfois de justesse.

Convocation par le supérieur de la mission. Je les fais passer un par un. (Les autres joueurs sortent de la pièce.)

Ceux qui ont fait tellement de conneries qu’ils sont grillés (familiers/limitations), ceux qui reportent toute la responsabilité sur le mort ou sur les autres (bien) et la réponse du démon de Kronos à la question : « Vous, expliquez-moi pourquoi ça a foiré ! », courte et simple :

Un problème de timing.

Celui qui a le plus ri était celui dont le personnage était mort, il avait assisté à tous les interrogatoires.

Note : les JMV adaptées, 1998, 8 joueurs de 15 à 40 ans.

Un moment remarquable d’Eskhiss.

C’est clair que t’es un assassin !

Partie en club, les joueurs ne se connaissent pas.

Je joue un ranger, neutre bon, et je suis mis au courant par un contact que le groupe que je vais rejoindre compte un disciple d’un dieu mauvais (Baal ?) qui doit trahir notre groupe de « héros positifs ».

Pour identifier le traître, je décide de tenter la provoc, je remise ma cotte de maille et ne pars qu’en armure de cuir avec un bouclier, et je la joue outrageusement « dark and mysterious« . Le joueur du traître tombe dans le panneau et me contacte. Je maîtrise le prêtre de Baal et, tout content, je le livre aux autres en leur expliquant la raison de mon comportement initial.

Réaction : « Tu crois tout de même pas qu’on va te croire ? T’as une armure en cuir et un bouclier, et ton RP, c’est clair que t’es un assassin !!! ».

J’ai fini pendu, le prêtre de Baal recevant les soins du paladin du groupe pour se remettre de ses émotions !!!

Un moment remarquable de Minlister.

Draco Amor

Dans un scénario de Pendragon, les chevaliers doivent débarrasser des villageois d’un dragon.

Ils le débusquent, et dans la foulée trouvent une épée à deux mains censée être efficace contre ces reptiles ailés. Cela tombe bien, un des chevaliers est un expert dans le maniement de cette arme.

Que nenni ! Car un autre chevalier désire conquérir le cœur de la dame de la région. L’épée lui est donc donnée, et il s’avance seul, armé de son courage et de sa compétence en épées à deux mains de… 0.

Bon, l’épée donnait un +10 à son utilisateur contre les reptiles ailés, même s’il ne l’a découvert qu’en entrant en combat. Mais quand même, ça ne lui fait que 10, il était mal barré…

Mais, c’est Pendragon, et il fait (et réussit) un jet d’exaltation d’Amor (Dame Trucmuche). Avec 20 au lieu de 0, le combat fut quand même épique, mais… moins désespéré…

Un moment remarquable de Mugen.

Moi aussi

 

Partie d’Ars Magica à la convention Nemesis de Clermont-Ferrand, fin des années 1990. Deux histoires, une de vengeance et une d’amour, qui finit mal à cause de la première (voir les scénarios et aides de jeu ici). La conclusion du scénario est une scène d’adieu entre un jeune mage et la fille du baron local, dont il est amoureux, qui a été tuée par le frère du baron (la fameuse vengeance) et qui est apparue au mage en tant que fantôme (vous suivez ?). Le mage est le seul à pouvoir la laisser partir en paix (la jeune fille l’aime aussi, détail important, et le perso prétiré a le sort qui va bien, au cas où).

Ce salopard de barbu de Sam me sort : « Je t’aime ».

J’y réponds (j’étais le MJ) avec la gorge nouée : « Moi aussi”.

Une joueuse chiale à la table.

Sam a eu le premier prix de roleplay, sauf erreur de ma part.

Un moment remarquable de Mithriel.

Le jour et la nuit

Il y a plein d’anecdotes qui me viennent, mais le deux suivantes m’ont marqué plus que les autres. La première parce qu’elle était injuste. La seconde parce qu’elle va parfaitement bien avec la première. Aucune ne se déroule au cours d’une partie, pourtant elles y sont entièrement liées.

Adolescence, les années lycée, milieu des années 1980, on s’est composé un groupe entre camarades de classe et copains de copains. On joue de manière sage tous les dimanches après-midi, et quelques parties par semaine pendant les vacances. Je suis le MJ de la bande neuf fois sur dix.

Ca fait deux-trois ans que ça dure, quand un soir le père d’un des membres du groupe appelle à la maison et demande à me parler. Ce monsieur, professeur à la Sorbonne, me passe un savon parce que les résultats scolaires de son fils sont en baisse, que c’est la faute du jeu de rôle, et donc la mienne (sic). Je reste interdit, ne sachant quoi répondre. Son fils n’ouvre pas un seul manuel de jeu en dehors des parties, n’est pas MJ, joue tout au plus le dimanche après-midi.

Vu d’ici, ça me fait sourire, mais à l’époque la situation m’avait méchamment révolté. De plus nous venions de perdre la mansarde où avaient lieu toutes nos parties dominicales…

Un ou deux ans plus tard, nous jouons toujours, mais depuis dans la maison d’un nouveau copain chez qui nous sommes reçus très agréablement à chaque fois. On joue le weekend, et parfois jusque tard dans la nuit.

Un soir, alors que nous nous apprêtons à démarrer une partie chez eux, les parents demandent à me parler en privé. Elle est prof de français, lui chef d’entreprise. Ils ont toujours été aimables, mais l’anecdote précédente va me faire tendre le dos, me demandant ce que j’allais encore me prendre.

Ils vont me parler de leur fils, cadet de sa fratrie. De ses gros problèmes de communication au cours de son enfance/adolescence. De leurs tentatives infructueuses pour l’aider à combattre sa timidité maladive et son manque de confiance. Puis, enfin, des changements de personnalité de leur fils, opérés pas à pas, depuis sa pratique du jeu de rôle. Pour eux, le JdR avait changé la vie de leur enfant, et ils tenaient à me remercier moi tout particulièrement. Je n’oublierai jamais leurs visages émus et mon nœud dans la gorge.

Deux moments remarquables d’Ego’.

Mon wakizashi, mon meilleur ami et autres contes

Comme tout rôliste, j’ai des paquets de moments plus ou moins remarquables. Je vais en citer quelques uns.

Khentar, le dieu piégé dans un wakizashi

J’ai été initié au JDR par celui qui est devenu mon meilleur ami de l’époque, en seconde. Tellement, que j’ai séché pas mal de cours à cette époque pour pouvoir jouer. Grand fan de manga à cet âge (j’avais 15 ans), de Masamune Shirow en particulier, mon premier personnage fut le héros d’Orion : Susano Orbatos, dieu dragon de la guerre et de la destruction. Rien que cela ! Invoqué par erreur par un fidèle à Eauprofonde, dénué de quasi tout pouvoir si ce n’est cette flamme divine intérieure (j’avais 5% de RM) et d’un tetsubo +1. De nombreuses aventures plus tard, je tombe sur un wakizashi +3 Sharpness intelligent, contenant Khentar, un des 7 immortels du combat, transformé par les dieux en arme pour leur arrogance.

Ce qui était à la base juste une arme intelligente (et très puissante, je ne compte plus le nombre de membres que j’ai laissés sur le carreau) est devenue le meilleur ami de ce personnage. Tellement qu’une partie de la campagne est devenu un moyen de pouvoir vaincre la malédiction, briser l’épée et lui rendre sa liberté. Ce qui s’est fait au bout de 3 ans de jeu, d’une manière différente que prévue. Mon personnage s’était fait à sa vie de mortel mais -inspiration Avatar’s Quest et Highlander oblige- lors du temps des Avatars sur Féérune, les dieux sont tombés sur le monde.

L’un d’entre eux, dieu mineur de la guerre, a recherché Susano pour lui voler sa flamme divine. Il s’en est ensuivi un combat épique entre Susano, devenu à cet époque guerrier niveau 14/mage (évocateur) niveau 13 et l’avatar de Tharizdun. Le perdant allait se faire dissoudre dans l’essence divine de l’autre. Je n’ai jamais autant eu peur en lançant les dés qu’à ce moment-là, encouragé que j’étais par mon ami wakizashi. Il m’a aidé à vaincre, tranchant le deuxième bras du dieu et le tuant alors qu’il ne me restait que 3 PV. Tharizdun a explosé en une flamme d’or, un quickening divin que Susano a absorbé, lui permettant d’avoir la gouache nécessaire pour repartir sur son plan divin. De là, j’ai levé la malédiction qui pesait sur Khentar et ce dernier est devenu l’ami, le confident et le porteur de Kusanagi, l’épée des cieux au service des AmatsuKami. Dans les deux cas, j’allais perdre mon personnage mais cette fin était juste magnifique.

D’ailleurs, c’est devenu mon pseudo sur bien des forums.

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Florilège de Julian Manson

Il y a plusieurs moment remarquables qui m’étonneront et me feront toujours marrer :

Loup-garou l’apocalypse V20, l’une de mes premières parties en tant que MJ. Mon joueur test joue un loup-garou qui a grandi en tant que loup. Il rejoint la bande, son Alpha lui demande de voir ce que fout une féline-garou près du Louvre. Celle-ci lui propose d’en discuter autour d’un bon plat dans un restaurant chic, il accepte. Il se retrouve à devoir faire un jet de Dextérité + Étiquette ( il n’a jamais tenu de couvert de sa vie ) : botch. Et voilà un loup-garou qui mange comme un cochon dans un restaurant gastronomique où le prix moyen d’un plat est de 70 €… Gros fou rire.

Knight : on est envoyé à Paris capturer un soi-disant traître, on découvre finalement qu’il a un bébé. En chemin, on tombe sur des orphelins vivant dans les égouts, on se retrouve sur la Tour Eiffel à mitrailler tous les ennemis pendant qu’on sauve tous les PNJs. Finalement, non seulement on a sauvé de nombreux enfants, mais aussi l’honneur du soi-disant traître qui n’en était pas un. Grand moment de GG.

– Récemment dans Mindjammer, je fais une campagne typée Gundam. La nuit du jeu approche, je me retrouve avec une table majoritairement adulte ( ce qui est rare pour moi ). Les joueuses qui ne venaient que pour la nuit du jeu s’impliquent bien. La table finit par faire des trucs de fou durant les 3 séances de cette nuit du jeu : rétablir un royaume pacifique qui avait disparu en remettant la seule héritière sur le trône, tenu et pris le contrôle d’une immense structure armée que les ennemis avaient infiltrée, discuté avec un mécha conscient qui semblait exister depuis des millénaires, détruit une base ennemie qui produisait des robots autonomes armés en masse. Impressionnant.

– Grande première campagne en tant que MJ, je fais du Final Fantasy avec FATE et l’un de mes meilleurs amis. La campagne dure plus de six mois, la PJ de mon amie progresse et se retrouve en enfer à discuter avec des démons majeurs où la moindre parole mal placée peut la tuer. Elle gère. Elle va dans sa chambre et décide de se laver. Je veux taquiner mon ami lorsque sa PJ prend le savon : échec critique ! Cela se reproduira plusieurs fois d’affilée dans la semaine, sa PJ finit par avoir un aspect « Le savon, c’est le MAL » !

Final Fantasy D20, l’un de mes joueurs est un ancien du club. Au cours de la campagne, le groupe rencontre un PNJ agressif qui les laisse quasi-morts, ils finissent par se rendre compte que celui-ci ne vise que les membres du Clan Centurio, une grande guilde de chasseurs de monstres. Jeff ( l’ancien du club en question ) finit par se dire que c’est quand même bizarre qu’un PNJ aussi puissant ne vise que cette faction alors qu’il est bien trop dangereux. Le groupe finit par surprendre ledit PNJ et le chef de la guilde en plein « règlement de compte », le PJ de Jeff discute avec le PNJ. Finalement, ils sont presque d’accord. Sans le vouloir, Jeff a changé la fin de l’histoire (ce PNJ était prévu pour être le boss final). Un peu plus tard, ils vont libérer la sœur dudit PNJ dans une base de l’empire ennemi. Cela se passe mal, les soldats de l’empire font trop mal et commencent à massacrer le groupe. L’un des soldats lance une grenade dans la salle où tous les PJs sont mal en point. Jeff utilise un point héroïque, tire comme au foot dans la grenade et fait une réussite critique : les soldats sont tous morts.

Des moments remarquables de Julian Manson